Corrigé HGGSP Antilles 2026 – Jour 1
Bac général 2026 • HGGSP • Antilles-Guyane • Jour 1

Corrigé HGGSP Antilles 2026 jour 1

Ce corrigé traite intégralement les deux sujets de dissertation proposés et l’étude critique obligatoire consacrée aux défis de l’ONU dans la construction de la paix.

Histoire et mémoiresGénocidesÉtats-UnisEnvironnementONUPaix
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En résumé : les trois réponses attendues

Mémoires des génocidesUne construction progressive, d’abord portée par les victimes et la justice, puis institutionnalisée et diffusée par les œuvres et les lieux.
États-Unis et environnementUn rapport contradictoire entre conquête, exploitation, conservation, fédéralisme et polarisation politique.
ONU et paixDes menaces interdépendantes imposent une sécurité collective élargie au développement et aux droits humains.
Limite majeureL’ONU dépend des États, des moyens qu’ils lui accordent et des rapports de puissance au Conseil de sécurité.

Analyse du sujet : ce qui est réellement évalué

Les dissertations reprennent deux objets de travail conclusifs du programme. Le candidat doit mobiliser les jalons, mais il ne doit pas réciter le cours. Il faut définir les termes, faire apparaître une tension et organiser une démonstration.

L’étude critique exige un double mouvement : analyser le discours à partir de ses formulations précises, puis le mettre à distance grâce aux connaissances. Kofi Annan est à la fois une source privilégiée, puisqu’il dirige l’ONU de 1997 à 2006, et un acteur engagé qui cherche à convaincre des chefs d’État d’adopter ses réformes.

Principe essentiel : un exemple n’est utile que s’il soutient une idée. Chaque paragraphe doit comporter une affirmation, une explication, un exemple précis et une phrase qui revient au sujet.

Dissertation 1 – Construire les mémoires des génocides des Juifs et des Tsiganes

Comprendre les termes du sujet

TermeCe qu’il faut comprendre
ConstruireLes mémoires ne sont ni immédiates ni figées. Elles résultent d’un processus, de choix, de luttes, de silences et de reconnaissances.
MémoiresRapports vécus, affectifs et collectifs au passé, portés par des groupes différents. Elles se distinguent du travail critique de l’histoire.
GénocidesPolitique d’extermination des Juifs d’Europe et persécution génocidaire des Tsiganes par l’Allemagne nazie et ses alliés.
Problématique possible : comment les mémoires des génocides des Juifs et des Tsiganes se sont-elles progressivement constituées, diversifiées et institutionnalisées depuis 1945 ?

Plan détaillé conseillé

I. Après 1945, des mémoires présentes mais inégalement entendues
A. Témoignages des survivants, retour difficile et deuil impossible.
B. Nuremberg juge les principaux responsables, mais le génocide des Juifs n’est pas encore le centre du récit public.
C. La mémoire tsigane demeure plus longtemps marginalisée, faute de reconnaissance, d’archives et de relais institutionnels.
II. Des années 1960 aux années 1990, affirmation publique, justice et savoir historique
A. Procès Eichmann en 1961 et libération de la parole des témoins.
B. Procès tardifs, notamment Barbie, Touvier et Papon en France, et affirmation de la responsabilité de l’État français.
C. Recherche historique, associations, collecte d’archives et reconnaissance progressive du génocide des Tsiganes.
III. Des mémoires désormais mondialisées, transmises et discutées
A. Lieux de mémoire : Auschwitz-Birkenau, Yad Vashem, mémorial de Berlin, mémoriaux nationaux et locaux.
B. Littérature, témoignages et cinéma : Primo Levi, Elie Wiesel, Art Spiegelman, Claude Lanzmann, films et œuvres tsiganes.
C. Politiques commémoratives et enjeux contemporains : transmission, disparition des témoins, lutte contre le négationnisme et meilleure visibilité de la mémoire tsigane.

Proposition de rédaction modèle

Introduction. En 1945, la découverte des camps et l’ampleur des crimes nazis rendent visible une violence de masse sans précédent. Près de six millions de Juifs d’Europe ont été assassinés, tandis que plusieurs centaines de milliers de Tsiganes ont également été persécutés et tués. Pourtant, la connaissance des faits ne produit pas immédiatement une mémoire publique unifiée. Les survivants, les familles, les associations, les historiens, les juges, les États et les artistes construisent progressivement des récits et des pratiques commémoratives. La mémoire, subjective et portée par des groupes, se distingue ainsi de l’histoire, qui vise une connaissance critique du passé. Comment les mémoires des génocides des Juifs et des Tsiganes se sont-elles constituées, diversifiées et institutionnalisées depuis 1945 ? D’abord peu audibles et inégalement reconnues, elles s’affirment grâce aux témoins, à la justice et à l’histoire, avant d’être largement transmises par les lieux, les œuvres et les politiques publiques.

Après 1945, les mémoires existent d’abord dans les familles et les communautés, mais elles restent inégalement entendues. Les survivants reviennent dans des sociétés dévastées, où leurs proches ont souvent disparu. Certains témoignent très tôt, comme Primo Levi dans Si c’est un homme, publié en 1947. Cependant, la priorité donnée à la reconstruction et les récits nationaux centrés sur la victoire ou la Résistance limitent l’écoute de la spécificité génocidaire. Le procès de Nuremberg de 1945-1946 constitue une étape fondamentale : il établit la notion de crime contre l’humanité et juge les principaux dirigeants nazis. Toutefois, l’accusation porte sur l’ensemble des crimes du régime et la destruction des Juifs d’Europe n’occupe pas encore la place centrale qu’elle prendra ensuite.

La mémoire du génocide des Tsiganes est encore davantage marginalisée. Les préjugés anciens persistent après la guerre. En Allemagne, les victimes tsiganes peinent longtemps à obtenir réparation, car les persécutions sont parfois présentées à tort comme des mesures de police plutôt que comme une politique raciale. Les groupes concernés sont divers et utilisent des dénominations différentes, notamment Roms et Sinti. Le manque de reconnaissance institutionnelle et la faible présence dans les récits scolaires retardent la construction d’une mémoire publique. Les deux génocides donnent donc lieu à des mémoires asymétriques.

À partir des années 1960, les témoins, la justice et les historiens rendent ces crimes plus visibles. Le procès d’Adolf Eichmann à Jérusalem en 1961 constitue un tournant. La parole de nombreux survivants est placée au cœur des audiences et relayée dans le monde entier. Le procès ne se limite plus à juger un responsable : il contribue à faire entrer l’expérience des victimes dans l’espace public. Parallèlement, la recherche historique progresse, précise les mécanismes de la persécution et montre la dimension européenne du génocide.

Les procès tardifs entretiennent également la mémoire. En France, Klaus Barbie est condamné en 1987 pour crimes contre l’humanité, Paul Touvier en 1994 et Maurice Papon en 1998. Ils interrogent la responsabilité des collaborateurs et de l’administration de Vichy. En 1995, Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs. La justice ne remplace pas l’histoire, mais elle établit publiquement des responsabilités et donne une reconnaissance aux victimes. Concernant les Tsiganes, la République fédérale d’Allemagne reconnaît officiellement le génocide en 1982. La recherche, les associations et les institutions européennes contribuent ensuite à mieux documenter les persécutions.

Depuis les années 1980-1990, les mémoires sont institutionnalisées, mondialisées et transmises par de nombreux supports. Les lieux de mémoire jouent un rôle essentiel. Auschwitz-Birkenau est à la fois un site historique, un musée et un lieu de commémoration mondial. Yad Vashem à Jérusalem collecte les noms et les histoires des victimes. À Berlin, le Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe, inauguré en 2005, inscrit le génocide au cœur de la capitale allemande. Un mémorial spécifique aux Sinti et Roms assassinés sous le nazisme est inauguré à proximité en 2012, signe d’une reconnaissance plus tardive mais réelle.

La littérature et le cinéma donnent une forme sensible à l’expérience. Les œuvres de Primo Levi et d’Elie Wiesel, la bande dessinée Maus d’Art Spiegelman ou le film documentaire Shoah de Claude Lanzmann transmettent des voix, des traces et des questionnements. Ces œuvres ne sont pas de simples illustrations : elles participent à la construction des représentations collectives. Les créations et témoignages roms et sintis contribuent de même à sortir leur génocide de l’invisibilité.

Les États instaurent enfin des journées de commémoration, développent l’enseignement et soutiennent les mémoriaux. Cette institutionnalisation soulève néanmoins des défis : éviter la concurrence entre victimes, respecter la singularité de chaque persécution, transmettre après la disparition des derniers témoins et combattre le négationnisme. Les mémoires restent donc vivantes et évolutives.

Conclusion. Les mémoires des génocides des Juifs et des Tsiganes ne se sont pas imposées immédiatement après 1945. Elles ont été construites par les survivants, la justice, la recherche historique, les associations, les États, les lieux de mémoire et les œuvres. La mémoire juive a acquis plus tôt une visibilité mondiale, tandis que la reconnaissance du génocide des Tsiganes a été plus tardive. Leur transmission actuelle repose sur un dialogue nécessaire entre mémoire, histoire et justice.

À éviter : présenter un « silence total » après 1945. Des survivants témoignent et des associations agissent très tôt. Il faut parler d’une faible écoute publique et d’une reconnaissance inégale.

Dissertation 2 – Le rapport des États-Unis à l’environnement

Analyse du sujet

Le singulier « le rapport » invite à caractériser une relation historique globale, mais cette relation est traversée de contradictions. Les États-Unis sont à la fois une puissance fondée sur l’exploitation d’un territoire immense, un pays pionnier de la protection de la nature et un acteur décisif mais fluctuant de la gouvernance climatique.

Problématique possible : comment le rapport des États-Unis à l’environnement combine-t-il depuis le XIXe siècle exploitation, protection et profondes divisions politiques, du territoire national à l’échelle mondiale ?

Plan détaillé conseillé

I. La puissance américaine s’est construite par la conquête et l’exploitation des milieux
Frontier, agriculture, mines, hydrocarbures, grands aménagements, suburbanisation et consommation de masse.
II. Les États-Unis sont aussi pionniers de la protection, mais selon des conceptions concurrentes
Parcs nationaux, préservation et conservation, politiques fédérales, rôle des États fédérés, ONG et mobilisations.
III. Une politique environnementale polarisée et une influence internationale ambivalente
Alternances présidentielles, retrait et retour dans les accords, poids des firmes, innovation verte et résistances des secteurs fossiles.

Proposition de rédaction modèle

Introduction. Les États-Unis figurent parmi les plus grandes puissances économiques et parmi les principaux responsables historiques des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, ils ont aussi créé les premiers parcs nationaux et abritent de puissantes mobilisations écologistes. Cette contradiction s’explique par une histoire fondée sur la conquête d’un territoire riche en ressources, mais aussi par un fédéralisme qui multiplie les acteurs et par une forte polarisation politique. Comment le rapport des États-Unis à l’environnement combine-t-il exploitation, protection et divisions, aux échelles nationale et internationale ? La puissance américaine s’est d’abord construite par la transformation des milieux ; elle a parallèlement inventé des politiques pionnières de protection ; elle demeure enfin un acteur mondial indispensable mais instable.

La construction de la puissance américaine repose d’abord sur l’appropriation et l’exploitation intensive du territoire. Au XIXe siècle, la progression de la « Frontière » est associée à l’idée d’une nature abondante qu’il faut mettre en valeur. L’expansion agricole, l’exploitation forestière, les mines et les chemins de fer transforment profondément les milieux. Cette conquête se fait également au détriment des peuples autochtones, déplacés et privés de leurs territoires.

Au XXe siècle, les grands aménagements renforcent cette logique productiviste. Les barrages de la Tennessee Valley Authority ou du Colorado fournissent énergie, irrigation et développement, mais modifient les cours d’eau et les écosystèmes. L’exploitation du charbon, du pétrole et du gaz soutient l’industrialisation et la puissance géopolitique. Après 1945, la suburbanisation, l’automobile individuelle et la consommation de masse accroissent l’artificialisation des sols et les besoins énergétiques. Les États-Unis développent ainsi un mode de vie à forte empreinte écologique.

Cette exploitation s’accompagne cependant d’une protection pionnière de la nature. Dès le XIXe siècle, des intellectuels et associations dénoncent les destructions. Le parc national de Yellowstone, créé en 1872, devient une référence mondiale. Deux conceptions se distinguent : la préservation, associée à John Muir, vise à protéger une nature sauvage de l’intervention humaine ; la conservation, défendue par Gifford Pinchot, souhaite gérer rationnellement les ressources. Sous Theodore Roosevelt, l’État fédéral étend les forêts nationales et les espaces protégés.

Dans les années 1960-1970, les mobilisations environnementales s’amplifient. Silent Spring de Rachel Carson, publié en 1962, alerte sur les pesticides. Le premier Jour de la Terre est organisé en 1970. La même année est créée l’Environmental Protection Agency. Le Clean Air Act et le Clean Water Act renforcent la régulation fédérale. Néanmoins, la protection reste conflictuelle : elle oppose administrations, industriels, propriétaires, populations locales, peuples autochtones et ONG.

Le fédéralisme accentue les contrastes. L’État fédéral fixe des normes et gère de vastes terres, mais les États fédérés disposent de compétences importantes. La Californie mène souvent des politiques plus ambitieuses sur les véhicules et le climat, tandis que des États producteurs d’hydrocarbures défendent l’extraction. Les villes, les universités, les ONG et les entreprises agissent également. Il n’existe donc pas une politique environnementale américaine unique.

À l’échelle internationale, les États-Unis sont indispensables mais leur engagement fluctue selon les rapports de force politiques. Leur poids économique, scientifique et diplomatique leur permet d’influencer les négociations. Ils participent aux grandes conférences environnementales, mais refusent de ratifier le protocole de Kyoto. Barack Obama engage les États-Unis dans l’accord de Paris de 2015 et conclut un rapprochement climatique avec la Chine. Donald Trump annonce ensuite le retrait de l’accord, tandis que Joe Biden décide le retour du pays dès 2021. Ces alternances affaiblissent la crédibilité et la continuité de la diplomatie climatique américaine.

Les acteurs non étatiques nuancent toutefois cette instabilité. Des États fédérés, des métropoles et des entreprises maintiennent des objectifs de réduction des émissions, y compris lorsque le pouvoir fédéral se désengage. Les États-Unis dominent aussi des secteurs d’innovation : véhicules électriques, technologies numériques de gestion de l’énergie, captage du carbone ou énergies renouvelables. Mais les majors pétrolières, les producteurs de charbon et les groupes de pression conservent une influence considérable. L’exploitation des hydrocarbures non conventionnels a même permis au pays de redevenir un producteur majeur de pétrole et de gaz.

Conclusion. Le rapport des États-Unis à l’environnement est structurellement contradictoire. La conquête et l’exploitation des ressources ont fondé la puissance et un mode de vie très consommateur, tandis que la protection de la nature et la régulation environnementale y ont aussi été pionnières. Le fédéralisme, les intérêts économiques et la polarisation partisane produisent des politiques contrastées. À l’échelle mondiale, les États-Unis restent incontournables, mais leur leadership est fragilisé par l’irrégularité de leur engagement.

À éviter : réduire le sujet au changement climatique ou à une succession de présidents. Il faut partir du rapport historique au territoire, puis articuler les échelles et les acteurs.

Étude critique – L’ONU face aux défis de la construction de la paix

Nature et contexte : discours de Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, au Sommet de la Ligue des États arabes le 23 mars 2005. L’ONU fête ses 60 ans. Le discours suit les attentats du 11 septembre 2001 et la guerre d’Irak de 2003, menée sans autorisation explicite du Conseil de sécurité. Kofi Annan présente son rapport de réforme Dans une liberté plus grande.

Problématique et plan

Problématique : comment ce discours montre-t-il que la construction de la paix exige une action collective élargie, alors que l’ONU reste limitée par les divisions des États et les insuffisances de ses institutions ?

I. Des menaces nouvelles et interdépendantes imposent une conception globale de la paix
Sécurité, sous-développement, injustices, violations des droits, terrorisme et prolifération.
II. L’ONU doit renforcer tous les instruments de la sécurité collective
Prévention, maintien et consolidation de la paix, désarmement, développement et défense des droits.
III. Les désaccords des États et les faiblesses institutionnelles limitent son action
Irak, définition du terrorisme, Conseil de sécurité peu représentatif, veto, moyens dépendants des États.

Proposition de réponse rédigée

Introduction. Le document est un discours prononcé par Kofi Annan devant la Ligue des États arabes le 23 mars 2005. Secrétaire général de l’ONU depuis 1997, il présente un programme de réforme alors que l’organisation fête son soixantième anniversaire. Le contexte est marqué par les attentats du 11 septembre 2001, la lutte contre le terrorisme, les débats sur les armes de destruction massive et surtout la guerre d’Irak de 2003, qui a profondément divisé la communauté internationale. Kofi Annan cherche à convaincre les dirigeants de soutenir une sécurité collective rénovée. Le texte montre que la paix dépend d’une réponse globale aux menaces, mais aussi que l’ONU doit surmonter les divisions des États et ses propres faiblesses institutionnelles.

Kofi Annan définit d’abord la paix de manière globale. Il affirme que « les grands problèmes de notre époque sont interdépendants » et organise son projet autour du « développement, [de la] sécurité, [des] droits de l’homme et [des] institutions mondiales ». La paix ne correspond donc pas seulement à l’absence de guerre. Elle suppose des institutions légitimes, la protection des populations et des conditions économiques et sociales permettant de prévenir les violences.

Le secrétaire général insiste sur le lien entre sécurité et développement. Il rappelle les Objectifs du Millénaire pour le développement, adoptés en 2000, tout en regrettant leur mise en œuvre insuffisante. La pauvreté n’entraîne pas mécaniquement la guerre, mais la faiblesse de l’État, les inégalités et l’absence de perspectives peuvent entretenir l’instabilité. La construction de la paix exige donc des politiques de long terme, au-delà d’un simple cessez-le-feu.

Le texte identifie ensuite des menaces transnationales. Kofi Annan évoque le terrorisme, le désarmement et la prolifération des armes de destruction massive. Ces menaces franchissent les frontières et ne peuvent être maîtrisées par un État isolé. Les attentats d’Al-Qaïda illustrent des conflits irréguliers qui mettent à l’épreuve la conception classique de la guerre entre États. La réponse doit associer coopération policière et judiciaire, renseignement, action diplomatique et traitement des crises qui favorisent le recrutement terroriste.

Face à ces défis, l’ONU doit renforcer les instruments de la sécurité collective. L’organisation créée en 1945 repose sur l’interdiction du recours unilatéral à la force, sauf légitime défense, et sur la responsabilité principale du Conseil de sécurité. Celui-ci peut adopter des sanctions, autoriser une opération militaire ou déployer des Casques bleus. Sous les mandats de Kofi Annan, le maintien de la paix évolue : les missions ne se limitent plus à séparer deux armées, elles peuvent protéger des civils, organiser des élections, désarmer des combattants et reconstruire des institutions.

Kofi Annan demande ainsi d’améliorer la « consolidation et [le] maintien de la paix ». La consolidation intervient après les combats afin d’éviter leur reprise. Elle suppose le désarmement et la réintégration des combattants, la restauration de la justice, la reconstruction de l’administration et le retour des réfugiés. La création de la Commission de consolidation de la paix en 2005 répond à cette logique. Le texte insiste également sur la crédibilité des mécanismes de défense des droits humains. Les échecs au Rwanda en 1994 et à Srebrenica en 1995 ont montré les conséquences dramatiques d’un mandat insuffisant, d’un manque de volonté politique et de moyens inadaptés.

Cependant, le document révèle aussi les limites politiques et institutionnelles de l’ONU. Kofi Annan reconnaît de « profonds désaccords », notamment à propos de l’Irak. En 2003, les États-Unis et leurs alliés interviennent sans nouvelle résolution autorisant explicitement la guerre. La crise montre que l’ONU ne constitue pas un gouvernement mondial : elle dépend de la volonté des États, en particulier des grandes puissances.

Le Conseil de sécurité reflète encore largement l’équilibre de 1945. Ses cinq membres permanents disposent du droit de veto. Celui-ci peut empêcher une décision lorsqu’un membre permanent ou son allié est concerné. Kofi Annan souhaite donc un Conseil « plus représentatif » afin d’accroître sa légitimité. L’Allemagne, le Japon, l’Inde, le Brésil et les États africains revendiquent notamment une meilleure représentation, mais les projets de réforme se heurtent aux rivalités entre États et à la réticence des membres permanents à partager leur pouvoir.

Le désaccord sur une définition universelle du terrorisme constitue une autre limite. Tous condamnent les attaques contre les civils, mais les États divergent sur les mouvements de libération, les résistances armées et l’usage de la force par les États. L’appel de Kofi Annan à une convention globale montre que même l’identification commune de la menace est difficile.

Enfin, le discours doit être lu de manière critique. Kofi Annan dirige l’institution qu’il défend et cherche à obtenir l’adhésion des gouvernements. Il présente une stratégie cohérente, mais développe peu la dépendance financière et militaire de l’ONU envers les États. Les Casques bleus sont fournis par les membres, les mandats résultent de compromis et l’organisation ne peut imposer durablement une paix sans accord politique local. La paix ne se décrète donc pas depuis New York.

Conclusion. Le discours met justement en évidence l’élargissement des défis de la paix au début du XXIe siècle : terrorisme, prolifération, pauvreté, fragilité des États et violations des droits humains sont liés. L’ONU dispose d’une légitimité universelle et d’outils variés, mais son efficacité dépend des moyens et du soutien des États. Les rivalités des puissances, le veto et la représentativité limitée du Conseil de sécurité rendent la réforme aussi nécessaire que difficile.

Passages du document à exploiter

Élément du texteConnaissance à mobiliserRegard critique
« problèmes […] interdépendants »Élargissement de la sécurité au développement et aux droits humains.Programme ambitieux, mais causalités complexes et moyens limités.
« désaccords […] à propos de l’Irak »Intervention de 2003 sans autorisation explicite nouvelle du Conseil.L’ONU ne peut contraindre une grande puissance déterminée à agir.
Conseil « plus représentatif »Cinq permanents, veto, sous-représentation de l’Afrique et des puissances émergentes.Réforme bloquée par les intérêts contradictoires des États.
Absence de définition du terrorismeDésaccords sur les acteurs armés et les luttes de libération.L’unanimité morale apparente masque des intérêts géopolitiques opposés.
Erreur majeure : paraphraser le discours. Il fallait expliquer ses formulations par des connaissances précises et souligner le statut de Kofi Annan, ses objectifs et les limites de son point de vue.

Méthode pour réussir l’épreuve HGGSP

Dissertation : 10 minutesDéfinir les termes, délimiter le sujet, faire émerger une tension et écrire la problématique.
Construire le planDeux ou trois parties équilibrées, chacune composée d’idées démontrées par des exemples précis.
Étude critiquePrésenter nature, auteur, date, destinataire, contexte, intérêt et limites du document.
Citer avec mesurePrélever quelques mots du texte, puis les expliquer. Une citation ne remplace jamais l’analyse.
Mobiliser le programmeUtiliser les jalons pertinents, sans transformer la réponse en récitation exhaustive.
RelireVérifier dates, noms propres, transitions, réponse à la consigne et distinction entre faits et jugements.
Répartition indicative des 4 heures : environ 2 heures pour la dissertation et 2 heures pour l’étude critique, préparation et relecture comprises.

Compléter prochainement ses révisions HGGSP

Les futures fiches et le futur lexique HGGSP pourront approfondir les notions de mémoire, génocide, justice, environnement, sécurité collective, maintien de la paix, multilatéralisme et droit de veto. En attendant leur publication, les boutons sont volontairement inactifs afin de ne créer aucun lien vide ou erroné.

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Le document officiel contient les deux dissertations et le discours de Kofi Annan. Refaites d’abord l’épreuve en temps limité, puis utilisez le corrigé pour comparer la problématique, les arguments et les exemples.

DocumentAccès
HGGSP 2026 Antilles-Guyane – Jour 1
Code : 26-HGGSPJ1AG1
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FAQ

Fallait-il traiter les deux dissertations ?

Non. Le candidat choisissait le sujet 1 ou le sujet 2, puis traitait obligatoirement l’étude critique. Les deux dissertations sont corrigées ici pour offrir une ressource complète de révision.

Quel sujet de dissertation était le plus facile ?

Cela dépendait de la maîtrise du cours. Le sujet sur les mémoires exigeait une chronologie fine et une attention à la mémoire tsigane. Le sujet américain demandait de bien articuler histoire, acteurs, échelles et contradictions.

Fallait-il parler de tous les génocides étudiés dans le thème ?

Non. Le sujet portait précisément sur les génocides des Juifs et des Tsiganes. Les autres exemples du thème pouvaient seulement servir à éclairer une notion générale, sans détourner la démonstration.

Devait-on raconter toute l’histoire de l’ONU ?

Non. Il fallait sélectionner les connaissances utiles aux défis du début du XXIe siècle et aux propositions formulées par Kofi Annan en 2005.

Pourquoi le discours de Kofi Annan doit-il être critiqué ?

Parce qu’il s’agit d’un acteur qui défend un projet de réforme. Son témoignage est central, mais il tend à valoriser l’ONU et à moins développer sa dépendance envers les États et les rapports de puissance.

Les fiches et le lexique HGGSP sont-ils déjà accessibles ?

Non. Leur publication est annoncée prochainement. Aucun faux lien n’a été inséré dans cette page.