Corrigé SI Antilles 2026 jour 1
Correction complète des 26 questions : continuité électrique du CHU de Guadeloupe, isolation parasismique, régulation thermique d’une salle d’opération, mouvement de Triton et effet Doppler appliqué à l’accostage d’un navire.
Résultats essentiels
Analyse du sujet et du programme
Le programme joint est bien celui de la spécialité sciences de l’ingénieur de première et terminale générales. Le sujet mobilise les compétences officielles : analyser un besoin et des exigences, décrire les flux d’énergie, interpréter un diagramme d’états, programmer en Python, modéliser les actions mécaniques et le frottement, puis valider des performances par simulation. La partie de sciences physiques complète la spécialité avec la gravitation, l’effet Doppler et l’énergie cinétique.
La démarche attendue est celle de l’ingénieur : identifier le critère du cahier des charges, construire ou exploiter un modèle, calculer ou simuler une performance, puis comparer le résultat au critère afin de conclure.
Partie 1 – Sécurité du CHUG en cas de cyclone
Question 1 – Exigences liées au risque cyclonique
Le diagramme impose :
- le maintien opérationnel du service de santé pendant le cyclone ;
- la résistance des bâtiments à des vents de 250 km·h−1 ;
- la continuité sans interruption de l’alimentation électrique ;
- le maintien de l’alimentation en eau malgré une coupure du réseau ;
- la circulation possible d’un bâtiment à l’autre ;
- la protection des vitrages contre les chocs mécaniques.
L’exigence 2.2.5 concerne la continuité électrique. Les coupures sont possibles dès la classe 1 ; elle doit donc être respectée dès la classe 1, et a fortiori pour toutes les classes supérieures.
Question 2 – Opérateurs logiques du diagramme d’état
| Transition | Condition complète | Opérateur |
|---|---|---|
| Réseau EDF → onduleurs | Absence du réseau principal ET absence du réseau de secours | ET |
| Onduleurs → réseau EDF | Présence du réseau principal OU présence du réseau de secours | OU |
| Onduleurs → démarrage groupes | Absence du réseau principal ET absence du réseau de secours | ET |
| Groupes → onduleurs | Présence du réseau principal OU présence du réseau de secours | OU |
Question 3 – Parcours des flux d’énergie
Situation 1, réseau EDF disponible :
Les réseaux EDF alimentent également le chargeur afin de maintenir les batteries disponibles.
Situation 2, deux réseaux EDF absents :
Question 4 – Programme Python complété
while True:
GE1 = 0; GE2 = 0; GE3 = 0 # arrêt des groupes électrogènes
OND = 1 # couplage des onduleurs
if RP == True or RS == True: # présence d'au moins un réseau EDF
while RP == True or RS == True:
gestionEDF()
elif RP == False and RS == False:
while RP == False and RS == False:
GE1 = 1; GE2 = 1; GE3 = 1 # démarrage des groupes
time.sleep(300) # attente de 5 minutes
OND = 0 # découplage des onduleurs
gestionGroupes() # gestion de l'alimentation par groupesLes onduleurs assurent l’alimentation pendant les 300 secondes nécessaires au démarrage des groupes.
Question 5 – Validation de la continuité électrique
L’exigence 2.2.5 est satisfaite par une architecture redondante : deux arrivées EDF, trois groupes électrogènes alimentés en fuel, des batteries et onduleurs, ainsi qu’un dispositif automatique de commutation et de délestage-relestage. En cas de disparition des deux réseaux, les onduleurs évitent la coupure pendant le démarrage des groupes. Le CHUG peut donc conserver une alimentation électrique continue lors d’un cyclone, sous réserve de l’autonomie énergétique prévue pour la situation sinistrée.
Partie 1 – Sécurité parasismique du plateau technique
Question 6 – Charges et pression sous les fondations
La masse vaut 85 000 tonnes = 85×106 kg. La charge permanente est le poids :
G = mg = 85×106 × 10 = 850×106 N = 850 000 kNF = 1,35G + 1,5Q = 1,35×850 000 + 1,5×87 780 = 1 279 170 kNLa charge est répartie sur 216 isolateurs :
Fisol = F/216 = 5 922 kN ≈ 5,92×103 kNLa surface d’appui d’un bloc est S = 2×1 = 2 m² :
Pbloc = Fisol/S = 5,922×106/2 = 2,961×106 PaQuestion 7 – Compatibilité avec le sol
Le tuf calcaire est assimilé à une craie compacte de classe C, pour laquelle Padm = 3,0 MPa. Or Pbloc = 2,95 MPa < 3,0 MPa. Le dimensionnement est donc compatible, avec une marge d’environ 0,05 MPa, soit seulement 1,7 %. Cette marge faible confirme l’importance de la précision du dimensionnement.
Question 8 – Capacité verticale des isolateurs
La charge maximale statique annoncée par le constructeur vaut Nmax = 6 400 kN. Chaque isolateur reçoit Fisol ≈ 5 922 kN :
5 922 kN < 6 400 kNChaque isolateur peut donc supporter sa charge verticale. La marge est d’environ 478 kN, soit 7,5 % de la capacité maximale.
Question 9 – Actions mécaniques sur le bâtiment
Sur le schéma du DR2, il faut représenter :
- le poids P⃗ appliqué en G, vertical vers le bas : P⃗ = −mg z⃗ ;
- la réaction R⃗1/2 appliquée en O, composée de N z⃗ vers le haut et de T x⃗ horizontalement.
La composante tangentielle T est orientée dans le sens de l’accélération du bâtiment et transmet le mouvement du sol tant qu’il y a adhérence.
Question 10 – Accélération au début du glissement
Projection verticale de la résultante dynamique : N − mg = 0, donc N = mg. Projection horizontale : T = ma2/0. À la limite du glissement, la loi de Coulomb donne T = μN :
ma2/0 = μmg, donc a2/0 = μga2/0 = 0,06×10 = 0,60 m·s−2Au-delà de cette accélération, les isolateurs commencent à glisser et limitent la transmission de l’accélération du sol au bâtiment.
Question 11 – Résultats de la simulation sismique
La figure 16 donne une accélération maximale en valeur absolue d’environ 5,0 m·s−2, proche de l’accélération réglementaire maximale de 4,83 m·s−2. La figure 17 donne un déplacement horizontal maximal d’environ 170 mm.
170 mm < 400 mmLe déplacement simulé est nettement inférieur au glissement maximal admissible de l’isolateur. La solution parasismique est donc compatible avec un séisme d’intensité maximale dans le cadre du modèle.
Partie 1 – Qualité de l’air de la salle d’opération
Question 12 – Correspondance des blocs du modèle multi-physique
| Bloc fonctionnel | Élément du modèle |
|---|---|
| Sonde température | Capteur de température placé dans la boucle de retour, déjà entouré. |
| Régulateur TOR | Sommateur d’écart puis bloc comparateur à hystérésis placé après la consigne. |
| Batterie de refroidissement | Grand bloc comportant l’image de l’unité de refroidissement. |
| Salle d’opération | Inertie thermique de la salle et réseau thermique menant à Tint. |
| Perturbations | Apport interne de 3 000 W et apport externe lié à 28 °C et à la transmission thermique. |
Question 13 – Seuils et commande TOR pour 22 °C
Avec Tcons = 22 °C et une hystérésis de ±1 °C :
- température basse : 21 °C ;
- température haute : 23 °C.
La batterie est en marche lorsque la température atteint 23 °C et reste en marche pendant la descente jusqu’à 21 °C. Elle passe alors à l’arrêt et y reste pendant la remontée jusqu’à 23 °C. Le signal de commande est donc un créneau alternant entre marche et arrêt aux extrema successifs.
Question 14 – Analyse des trois phases
| Grandeur | Phase 1 | Phase 2 | Phase 3 |
|---|---|---|---|
| État de la régulation | En service | En service | Hors service |
| Consigne | 25 °C | 20 °C | 20 °C |
| Température maximale | 26 °C | 21 °C | ≈ 28 °C |
| Température minimale | 24 °C | 19 °C | ≈ 20 °C |
En phase 3, le signal de commande reste nul : les perturbations réchauffent progressivement la salle jusqu’à une valeur proche de la température extérieure.
Question 15 – Plage de consigne conforme à la norme
La norme impose 19 °C ≤ Tint ≤ 26 °C. Avec la régulation TOR, Tint oscille entre Tcons − 1 et Tcons + 1. Il faut donc :
Tcons − 1 ≥ 19 et Tcons + 1 ≤ 26Les phases 1 et 2 valident les deux bornes : 24–26 °C pour une consigne de 25 °C et 19–21 °C pour une consigne de 20 °C. La simulation montre aussi qu’une panne de régulation conduit à dépasser la norme, puisque la température atteint environ 28 °C.
Partie 2 – Sciences physiques : Neptune et Triton
Question 1 – Repère de Frenet et force
Au point T, u⃗t est tangent à la trajectoire dans le sens du mouvement. u⃗n est dirigé vers le centre N. La force gravitationnelle F⃗N/T, appliquée en T, est également dirigée vers N : elle est colinéaire à u⃗n.
Question 2 – Vecteur accélération
La seule force prise en compte est l’attraction de Neptune :
F⃗N/T = G MNmT/R² · u⃗nD’après la deuxième loi de Newton, mTa⃗ = F⃗N/T. Après simplification :
Question 3 – Vitesse de Triton
Pour un mouvement circulaire uniforme, a⃗ = (v²/R)u⃗n. En identifiant les normes :
v²/R = GMN/R²Question 4 – Nom de la loi
La relation T²/R³ = constante pour les satellites d’un même astre est la troisième loi de Kepler.
Question 5 – Masse de Neptune
À partir de TT² = 4π²R³/(GMN) :
MN = 4π²R³/(GTT²)La période vaut TT = 5,88×86 400 = 508 032 s. Ainsi :
MN = 4π²(3,54×108)³/[6,67×10−11×(508 032)²]Partie 2 – Sciences physiques : effet Doppler et accostage
Question 1 – Définition de l’effet Doppler
L’effet Doppler est la modification de la fréquence reçue lorsqu’il existe un mouvement relatif entre la source d’une onde et le récepteur. La fréquence reçue augmente lors d’un rapprochement et diminue lors d’un éloignement.
Question 2 – Position du quai
Les fronts d’onde sont resserrés du côté droit de la source et espacés à gauche. La source se déplace donc vers la droite. Puisque le bateau approche du quai, celui-ci se situe au point B.
Question 3 – Vitesse mesurée par Doppler
On isole vapp dans ΔfD = 2fEvapp/cs :
vapp = ΔfDcs/(2fE)vapp = 14×1,5×10³/(2×40×10³) = 0,2625 m·s−1Question 4 – Vérification graphique
En reportant l’échelle de 1,0 m, la distance entre les positions 1 et 5 vaut environ 5,8 m. Quatre intervalles de 6,0 s séparent ces positions, donc Δt = 24 s :
v ≈ 5,8/24 ≈ 0,24 m·s−1Cette estimation graphique est proche des 0,263 m·s−1 obtenus par effet Doppler. L’écart d’environ 9 % est compatible avec l’imprécision de la lecture et de la mesure sur le schéma.
Question 5 – Énergie cinétique
Question 6 – Vitesse maximale autorisée
On isole la vitesse :
vmax = √(2Ec,max/m) = √[2×6×106/(5,0×104)]La vitesse d’approche mesurée, 0,263 m·s−1, est très inférieure à cette limite. Son énergie cinétique vaut seulement environ 1,7×10³ J, très loin des 6×106 J autorisés. D’après les données de l’énoncé, l’accostage ne présente donc pas de risque énergétique.
Méthode pour réussir un sujet de SI
Réviser les sciences de l’ingénieur
Les futures fiches et le futur lexique pourront reprendre les notions de ce sujet : diagramme d’exigences, diagramme d’état, opérateurs booléens, chaîne d’énergie, onduleur, charge, pression, loi de Coulomb, régulation TOR, hystérésis, simulation multi-physique, repère de Frenet et effet Doppler.
Télécharger le sujet officiel de SI
Refaites les deux parties sur des copies séparées, complétez les trois documents réponses, puis comparez votre démarche avec la correction.
| Document | Accès |
|---|---|
| SI 2026 Antilles-Guyane – Jour 1 Code : 26-SCIPCJ1AG1 | SUJET OFFICIEL PDF |
| Corrigé intégral | CORRIGÉ DANS LA PAGE |
FAQ
La totalité du sujet SI est-elle corrigée ?
Oui. Les 15 questions de sciences de l’ingénieur et les 11 questions de sciences physiques sont traitées.
Pourquoi les onduleurs sont-ils indispensables ?
Ils évitent toute coupure pendant la commutation des réseaux et les cinq minutes de démarrage des groupes électrogènes.
Les isolateurs sont-ils correctement dimensionnés ?
Oui. La charge unitaire de 5 922 kN reste inférieure aux 6 400 kN admissibles, et le déplacement simulé d’environ 170 mm reste inférieur aux 400 mm permis.
Quelle plage de consigne respecte la norme ?
La consigne doit être comprise entre 20 et 25 °C pour que l’oscillation de ±1 °C reste dans la plage normative de 19 à 26 °C.
Quelle est la masse calculée de Neptune ?
Environ 1,02×10²⁶ kg à partir de la troisième loi de Kepler.
Les fiches et le lexique SI sont-ils disponibles ?
Pas encore. Les boutons sont annoncés prochainement et ne comportent volontairement aucun faux lien.