Corrigé HGGSP Antilles 2026 – Jour 2
Bac général 2026 • Spécialité HGGSP • Antilles-Guyane

Corrigé HGGSP Antilles 2026 – Jour 2

Ce corrigé HGGSP Antilles 2026 jour 2 propose une correction complète et pédagogique des deux dissertations au choix et de l’étude critique obligatoire. L’objectif est de montrer à un élève de terminale comment analyser le sujet, construire une problématique, organiser un plan, mobiliser le programme et rédiger une réponse solide.

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GuerreÉtatsConquête spatialeHistoire et mémoires1914Étude critique

En résumé : les trois exercices du sujet

Le sujet HGGSP Antilles-Guyane 2026 jour 2 demandait de traiter une dissertation au choix, puis une étude critique de document. Les deux dissertations portent sur des thèmes majeurs du programme : la guerre depuis le XVIIIe siècle et les nouveaux espaces de conquête. Le document, lui, relève du thème « Histoire et mémoires » et porte sur les débats historiographiques et politiques autour des causes de la Première Guerre mondiale.

Sujet 1Les États, seuls acteurs de la guerre depuis le XVIIIe siècle ?
Sujet 2Rivalités et coopérations dans la conquête spatiale.
DocumentAndré Loez, La Grande Guerre, sur les causes de 1914.
CompétenceProblématiser, hiérarchiser, argumenter et critiquer un document.
Conseil de copie : ne récite jamais le cours. Le correcteur valorise une réponse problématisée : chaque partie doit répondre explicitement à la question posée.

Où le sujet se situe dans le programme HGGSP

Le sujet croise trois grands thèmes de terminale. Le premier sujet de dissertation mobilise le thème « Faire la guerre, faire la paix », notamment la réflexion sur Clausewitz, les guerres interétatiques, les guerres irrégulières et les acteurs transnationaux. Le deuxième sujet relève du thème « De nouveaux espaces de conquête », avec la course à l’espace, les nouveaux acteurs publics et privés, les coopérations scientifiques et les rivalités géopolitiques. L’étude critique correspond au thème « Histoire et mémoires », à travers le jalon consacré aux causes de la Première Guerre mondiale.

Le programme insiste aussi sur la méthode : analyser, interroger, confronter les points de vue, se documenter et s’exprimer avec rigueur. Une excellente copie doit donc mobiliser des exemples précis, mais surtout organiser ces exemples dans une démonstration.

Illustration du corrigé HGGSP Antilles-Guyane 2026 jour 2

Dissertation 1 – Les États, seuls acteurs de la guerre depuis le XVIIIe siècle ?

1. Analyse du sujet

Le sujet invite à discuter l’idée selon laquelle la guerre serait d’abord l’affaire des États. Le mot États renvoie aux puissances politiques souveraines disposant d’un territoire, d’une population, d’institutions, d’une diplomatie et d’une armée. Le mot seuls est décisif : il impose une nuance. Il ne suffit pas d’expliquer que les États font la guerre ; il faut se demander si d’autres acteurs participent à la guerre, la provoquent, la financent, la subissent, la prolongent ou la transforment.

L’expression depuis le XVIIIe siècle oblige à adopter une perspective historique longue. On peut partir des guerres interétatiques classiques, comme la guerre de Sept Ans, puis montrer les transformations liées à la Révolution française, aux guerres napoléoniennes, aux guerres mondiales, aux décolonisations, à la guerre froide, au terrorisme transnational et aux conflits asymétriques contemporains.

Problématique possible : Depuis le XVIIIe siècle, l’État demeure-t-il l’acteur central de la guerre ou la transformation des conflits révèle-t-elle une pluralité croissante d’acteurs militaires, sociaux, idéologiques, économiques et transnationaux ?

2. Plan détaillé conseillé

PartieIdée directriceExemples mobilisables
IDepuis le XVIIIe siècle, l’État s’impose comme l’acteur central des guerres modernes.Guerre de Sept Ans, guerres napoléoniennes, Clausewitz, armées nationales, Première et Seconde Guerres mondiales.
IICependant, les sociétés, les idéologies, les peuples et des acteurs non étatiques participent aussi à la guerre.Levée en masse, résistances, guérillas, mouvements de libération nationale, guerres coloniales, milices.
IIIDepuis 1945 et surtout depuis les années 1990, les conflits deviennent plus hybrides, asymétriques et transnationaux, même si les États restent déterminants.Al-Qaïda, Daech, guerres civiles internationalisées, sociétés militaires privées, cyberattaques, soutien étatique à des groupes armés.

3. Introduction rédigée possible

En 1832, Clausewitz définit la guerre comme la continuation de la politique par d’autres moyens. Cette formule place l’État au centre de la guerre moderne : la guerre serait un instrument rationnel utilisé par des puissances souveraines pour défendre leurs intérêts. Depuis le XVIIIe siècle, cette idée semble confirmée par de nombreux conflits interétatiques, de la guerre de Sept Ans aux guerres mondiales. Pourtant, les formes de la guerre se sont profondément transformées. Les sociétés, les idéologies, les mouvements révolutionnaires, les groupes armés non étatiques, les organisations terroristes ou encore les acteurs économiques et technologiques participent également aux conflits. Dès lors, les États sont-ils les seuls acteurs de la guerre depuis le XVIIIe siècle ? On montrera d’abord que les États occupent une position centrale dans les guerres modernes, puis que cette centralité n’exclut pas l’intervention d’autres acteurs, avant d’expliquer que les guerres contemporaines associent de plus en plus acteurs étatiques et non étatiques.

4. Développement rédigé

I. L’État, acteur central des guerres modernes

Depuis le XVIIIe siècle, la guerre est largement structurée par les États. La guerre de Sept Ans, entre 1756 et 1763, oppose de grandes puissances européennes comme la France, la Grande-Bretagne, la Prusse et l’Autriche. Elle montre déjà que la guerre est un instrument de rivalité entre États pour le contrôle des territoires, des routes commerciales et des empires coloniaux. La guerre est alors décidée par les gouvernements, financée par les administrations et conduite par des armées régulières.

La Révolution française et les guerres napoléoniennes renforcent encore ce rôle de l’État. Avec la levée en masse, l’État mobilise la nation entière pour soutenir l’effort militaire. La guerre devient plus massive, plus idéologique et plus totale. Napoléon utilise l’armée comme instrument d’expansion politique, tandis que les autres États européens se coalisent pour défendre leur équilibre géopolitique. Cette période illustre bien la formule de Clausewitz : la guerre sert des objectifs politiques.

Au XXe siècle, les deux guerres mondiales confirment la centralité des États. Les gouvernements déclarent la guerre, organisent l’économie de guerre, mobilisent les soldats, contrôlent la propagande et négocient les traités de paix. Pendant la Première Guerre mondiale, les États engagent des millions d’hommes et organisent l’ensemble de la société pour soutenir le front. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États totalitaires ou démocratiques utilisent toutes leurs ressources militaires, industrielles et idéologiques. La guerre devient alors totale.

II. Mais la guerre n’est jamais seulement l’affaire des États

Cependant, affirmer que les États sont les seuls acteurs de la guerre serait réducteur. Dès le XVIIIe siècle et surtout à partir de la Révolution française, les peuples et les sociétés jouent un rôle croissant. La nation en armes transforme les civils en acteurs de l’effort de guerre. Les populations produisent, financent, soutiennent, subissent et parfois contestent les conflits. Les opinions publiques deviennent également des enjeux : les gouvernements doivent convaincre, justifier et mobiliser.

De plus, des acteurs non étatiques participent directement aux conflits. Les guérillas, les résistances, les mouvements révolutionnaires ou les mouvements de libération nationale utilisent la violence armée sans être toujours des États reconnus. Les guerres de décolonisation en sont un bon exemple : le FLN en Algérie combat l’État français, tandis que l’enjeu n’est pas seulement militaire mais aussi politique, diplomatique et mémoriel. La guerre oppose alors un État à un mouvement nationaliste qui cherche à devenir lui-même un État.

Les idéologies constituent également des forces majeures. Nationalisme, impérialisme, communisme, fascisme, anticolonialisme ou djihadisme ne sont pas des États, mais ils orientent les acteurs, légitiment la violence et donnent un sens aux conflits. Une guerre peut donc être portée par des États tout en étant alimentée par des représentations collectives, des passions nationales, des intérêts économiques et des mobilisations sociales.

III. Les conflits contemporains multiplient les acteurs, sans faire disparaître les États

Depuis 1945, et plus encore depuis la fin de la guerre froide, les conflits sont souvent moins clairement interétatiques. Les guerres civiles, les conflits asymétriques et les violences transnationales prennent une place majeure. Le terrorisme d’Al-Qaïda ou de Daech illustre une violence politique menée par des organisations non étatiques capables d’agir à l’échelle internationale. Ces groupes ne disposent pas toujours d’un territoire stable ni d’une reconnaissance diplomatique, mais ils peuvent mener des attaques, contrôler temporairement des espaces, recruter, financer et diffuser une propagande mondiale.

Les guerres contemporaines associent aussi des milices, des groupes paramilitaires, des sociétés militaires privées, des trafiquants, des acteurs cyber ou des puissances extérieures. Dans certains conflits, des États soutiennent indirectement des groupes armés afin d’éviter une confrontation directe. On parle alors de guerres hybrides ou de conflits internationalisés. L’État n’est plus toujours l’acteur visible au premier plan, mais il reste souvent présent par le financement, l’armement, le renseignement, la diplomatie ou le contrôle territorial.

Enfin, les technologies modifient encore les acteurs de la guerre. Les satellites, les drones, le cyberespace et l’information deviennent des espaces de conflictualité. Des États restent dominants dans ces domaines, mais des entreprises privées, des pirates informatiques, des plateformes numériques ou des groupes militants peuvent également peser sur les opérations et les perceptions. La guerre contemporaine ne se réduit donc plus au champ de bataille entre armées régulières.

5. Conclusion rédigée

Depuis le XVIIIe siècle, les États demeurent des acteurs essentiels de la guerre : ils décident, mobilisent, financent, combattent et négocient. La guerre moderne s’est largement construite autour de la souveraineté étatique, de l’armée nationale et de la diplomatie. Cependant, ils ne sont pas les seuls acteurs. Les peuples, les sociétés, les idéologies, les mouvements nationalistes, les groupes terroristes, les milices, les entreprises et les acteurs numériques participent aussi aux conflits. Il faut donc répondre de manière nuancée : les États restent centraux, mais la guerre est devenue un phénomène de plus en plus pluriel, hybride et transnational.

Dissertation 2 – Rivalités et coopérations dans la conquête spatiale

1. Analyse du sujet

Le sujet demande de montrer que l’espace est un lieu de compétition mais aussi de coopération. Le terme rivalités renvoie à la puissance, au prestige, à la supériorité technologique, aux usages militaires, aux satellites, à la Lune, à Mars et au rôle des nouveaux acteurs. Le terme coopérations renvoie aux programmes scientifiques, aux traités internationaux, à la station spatiale internationale, aux missions partagées, à la surveillance de la Terre et à la gestion des risques comme les débris spatiaux.

La difficulté du sujet est de ne pas séparer artificiellement rivalités et coopérations. Dans l’espace, les deux logiques coexistent souvent. Des États peuvent coopérer pour des raisons scientifiques tout en restant concurrents sur le plan stratégique et économique.

Problématique possible : Comment la conquête spatiale révèle-t-elle à la fois les rivalités de puissance entre acteurs et la nécessité de coopérations internationales face à un espace coûteux, stratégique et commun ?

2. Plan détaillé conseillé

PartieIdée directriceExemples
ILa conquête spatiale naît comme une rivalité de puissance, notamment pendant la guerre froide.Spoutnik, Gagarine, Apollo 11, missiles, satellites militaires.
IIMais l’espace impose aussi des coopérations scientifiques, juridiques et diplomatiques.Traité de l’espace de 1967, ISS, ESA, programmes scientifiques internationaux.
IIIAujourd’hui, l’arrivée de nouveaux États et d’acteurs privés relance les rivalités tout en rendant la gouvernance spatiale indispensable.Chine, Inde, SpaceX, militarisation, Artemis, débris spatiaux, ressources lunaires.

3. Introduction rédigée possible

Le lancement de Spoutnik par l’URSS en 1957 marque l’entrée de l’humanité dans l’âge spatial, mais aussi l’ouverture d’une compétition spectaculaire entre grandes puissances. L’espace devient alors un symbole de prestige, un outil militaire, un laboratoire scientifique et un enjeu diplomatique. Pourtant, la conquête spatiale ne peut pas se comprendre uniquement comme une rivalité : son coût, sa complexité technique et les risques liés à l’environnement spatial imposent aussi des coopérations. Dès lors, comment la conquête spatiale articule-t-elle rivalités de puissance et coopérations internationales ? On montrera d’abord que l’espace s’impose comme un terrain de rivalité géopolitique, puis qu’il devient aussi un espace de coopération scientifique et diplomatique, avant d’analyser les tensions nouvelles liées à la multiplication des acteurs.

4. Développement rédigé

I. La conquête spatiale, une rivalité de puissance

La conquête spatiale est d’abord un produit de la guerre froide. Lorsque l’URSS lance Spoutnik en 1957, elle prouve sa capacité technologique et balistique. L’événement inquiète les États-Unis, car la maîtrise du lancement spatial est liée à la maîtrise des missiles. L’année 1961, avec le vol de Youri Gagarine, renforce le prestige soviétique. La réponse américaine se traduit par le programme Apollo, qui aboutit au premier pas de Neil Armstrong sur la Lune en 1969. L’espace devient ainsi une vitrine idéologique : chaque camp veut démontrer la supériorité de son modèle politique, scientifique et industriel.

Cette rivalité n’est pas seulement symbolique. Les satellites permettent l’observation, les communications, la géolocalisation, le renseignement et la surveillance militaire. Maîtriser l’espace revient donc à disposer d’un avantage stratégique sur Terre. Depuis la guerre froide, les puissances cherchent à protéger leurs satellites et parfois à développer des capacités antisatellites. L’espace est donc un prolongement de la puissance terrestre.

Les rivalités se renouvellent aujourd’hui avec l’arrivée de nouveaux acteurs étatiques. La Chine affirme une ambition spatiale forte : vols habités, station spatiale, exploration lunaire, satellites et projets de long terme. L’Inde progresse également, notamment par des missions lunaires et martiennes. Ces États utilisent l’espace pour affirmer leur rang international, soutenir leur développement technologique et renforcer leur autonomie stratégique.

II. Un espace qui impose des coopérations

Cependant, la conquête spatiale ne se réduit pas à la compétition. Elle repose aussi sur des coopérations, parce que l’espace est coûteux, dangereux et difficile à maîtriser. Les États ont rapidement cherché à encadrer juridiquement leurs activités. Le traité de l’espace de 1967 affirme notamment que l’espace extra-atmosphérique doit être utilisé à des fins pacifiques et qu’il ne peut pas faire l’objet d’une appropriation nationale. Ce cadre n’empêche pas toutes les rivalités, mais il montre que l’espace est aussi pensé comme un domaine commun à réguler.

La Station spatiale internationale illustre très clairement cette coopération. Les États-Unis, la Russie, l’Europe, le Japon et le Canada y ont travaillé ensemble malgré des intérêts parfois divergents. L’ISS montre que la coopération peut servir la recherche scientifique, la présence humaine en orbite, les expériences en microgravité et le dialogue diplomatique. Elle révèle aussi que la coopération spatiale peut survivre à des tensions politiques terrestres, même si elle reste fragile.

L’Europe offre un autre exemple de coopération, avec l’Agence spatiale européenne. Aucun État européen ne pourrait seul rivaliser durablement avec les plus grandes puissances spatiales. La coopération permet donc de mutualiser les coûts, les compétences et les infrastructures. Les programmes d’observation de la Terre, de navigation ou de recherche scientifique renforcent l’autonomie européenne tout en reposant sur une logique collective.

III. Des rivalités et coopérations recomposées par les nouveaux acteurs

Aujourd’hui, la conquête spatiale connaît une recomposition majeure. Les entreprises privées jouent un rôle croissant. SpaceX, Blue Origin et d’autres acteurs du New Space réduisent certains coûts, développent des lanceurs réutilisables, fournissent des services satellitaires et participent à des programmes publics. Ces entreprises ne remplacent pas les États, mais elles transforment les rapports de puissance. Elles dépendent souvent de contrats publics, tout en disposant d’une capacité d’innovation et d’influence considérable.

La Lune et Mars deviennent également des espaces de projection géopolitique. Les programmes de retour sur la Lune, les projets de bases lunaires et la question des ressources relancent les rivalités. La conquête spatiale ne porte plus seulement sur le prestige : elle concerne aussi les ressources, les infrastructures, les données, les normes juridiques et les futures routes d’exploration.

Cette multiplication des acteurs rend la coopération encore plus nécessaire. Les débris spatiaux menacent les satellites et les missions habitées. La gestion du trafic orbital, la prévention des collisions, la protection des fréquences, l’encadrement des mégaconstellations et la limitation de la militarisation exigent des règles communes. L’espace devient donc un domaine paradoxal : plus il attire les rivalités, plus il exige une gouvernance internationale.

5. Conclusion rédigée

La conquête spatiale est depuis 1957 un puissant révélateur des rivalités internationales. Elle permet aux États d’affirmer leur puissance scientifique, militaire, économique et symbolique. Mais l’espace est aussi un domaine où la coopération est indispensable, car les coûts, les risques et les enjeux scientifiques dépassent souvent les capacités d’un seul acteur. Aujourd’hui, avec l’arrivée de nouvelles puissances et d’entreprises privées, les rivalités se renforcent, mais les besoins de régulation et de coopération deviennent plus urgents encore. La conquête spatiale illustre donc parfaitement la tension entre compétition géopolitique et gestion collective d’un espace commun.

Étude critique de document – Les causes de la Première Guerre mondiale

1. Présenter le document

Le document est un extrait d’un ouvrage de l’historien André Loez, La Grande Guerre, publié dans la collection Repères en 2014. Il porte sur les débats historiques et politiques autour des causes de la Première Guerre mondiale. L’auteur ne cherche pas seulement à raconter le déclenchement du conflit ; il explique pourquoi cette question a été discutée, instrumentalisée et renouvelée par l’historiographie.

Problématique possible : En quoi le débat sur les causes de la Première Guerre mondiale montre-t-il que l’écriture de l’histoire est inséparable d’enjeux scientifiques, politiques et mémoriels ?

2. Plan conseillé pour l’étude critique

PartieCe qu’il faut montrerAppuis dans le document
ILes causes de 1914 sont complexes et multifactorielles.Loez évoque les décisions individuelles, les dépêches diplomatiques et les processus sociaux plus larges.
IICes causes sont au cœur d’enjeux politiques dès la guerre et après 1918.Propagande de guerre, traités de paix, responsabilités allemandes, débat français autour de Poincaré.
IIIL’historiographie a renouvelé la question en dépassant la simple recherche des fautes.Renouvin, Albertini, Fischer, puis histoire sociale et culturelle des représentations.

3. Correction rédigée complète

Introduction

La Première Guerre mondiale a longtemps été interprétée à partir de la question des responsabilités : qui a voulu la guerre ? Qui aurait pu l’éviter ? Le document proposé, extrait de l’ouvrage d’André Loez, montre que cette question est difficile parce qu’elle mêle des causes immédiates, des causes profondes, des décisions individuelles et des processus collectifs. Mais elle est aussi politiquement sensible, car les États ont cherché dès 1914 à justifier leur position et, après 1918, à défendre ou contester les responsabilités attribuées par les traités de paix. On peut donc se demander en quoi les causes de la Première Guerre mondiale sont à la fois un débat historique et un enjeu politique. On montrera d’abord la complexité des causes, puis leur instrumentalisation politique, avant d’étudier les renouvellements historiographiques.

I. Les causes de la guerre sont complexes

André Loez insiste d’abord sur la difficulté de comprendre les causes de la Grande Guerre. Le document explique qu’il faut articuler les actes individuels, comme les décisions des dirigeants et les dépêches diplomatiques, avec des processus sociaux plus larges. Cette formule est importante : elle montre que le déclenchement de 1914 ne peut pas être expliqué par une cause unique.

Les connaissances du cours permettent de préciser cette complexité. L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 est l’élément déclencheur de la crise de juillet, mais il ne suffit pas à expliquer la guerre. L’Europe est alors structurée par des rivalités impériales, des alliances militaires, une course aux armements, des tensions nationalistes et des crises diplomatiques répétées, notamment dans les Balkans. Le système des alliances transforme une crise régionale austro-serbe en conflit européen puis mondial.

Le document mentionne aussi le capitalisme, l’impérialisme, le militarisme et le nationalisme. Ces facteurs ne fonctionnent pas séparément. Le nationalisme nourrit les tensions entre peuples et empires ; l’impérialisme intensifie la rivalité entre grandes puissances ; le militarisme encourage une culture de la force et de la préparation à la guerre ; les rivalités économiques peuvent renforcer les antagonismes politiques. Une bonne étude critique doit donc montrer que la guerre est le produit d’un enchaînement de décisions dans un contexte déjà instable.

II. La question des causes est aussi un enjeu politique

Le document montre ensuite que le débat sur les causes de la guerre est immédiatement politique. Dès 1914, les gouvernements cherchent à orienter l’information pour prouver leur absence de responsabilité. Les « livres blancs » et publications diplomatiques servent à convaincre l’opinion publique, les alliés et les pays neutres. L’histoire est alors utilisée comme une arme de légitimation : chaque camp veut apparaître comme victime ou défenseur du droit.

Après la guerre, la question devient encore plus sensible avec les traités de paix. Le traité de Versailles attribue une responsabilité particulière à l’Allemagne et à ses alliés, ce qui justifie des réparations. Cette clause provoque en Allemagne une contestation politique et mémorielle très forte. Comme le document l’indique, l’Allemagne développe alors un argumentaire apologétique visant à l’exonérer, notamment par la publication sélective de documents diplomatiques. Il s’agit bien d’un usage politique de l’histoire.

Le document rappelle aussi que les enjeux politiques existent à l’intérieur même des États. En France, les pacifistes accusent après 1918 la droite et Raymond Poincaré de ne pas avoir tout fait pour éviter la guerre. À gauche, une lecture marxiste, inspirée de Lénine, met l’accent sur l’impérialisme et les rivalités économiques. Ces interprétations montrent que la question des causes n’est pas seulement académique : elle alimente des débats idéologiques sur la responsabilité des dirigeants, du capitalisme, du militarisme et des nationalismes.

III. L’historiographie renouvelle progressivement le débat

Le texte montre enfin que les historiens ont renouvelé leur approche. André Loez cite Pierre Renouvin et Luigi Albertini, qui cherchent à produire une analyse plus objective malgré les tensions politiques de l’entre-deux-guerres. Leur travail s’inscrit dans une démarche historique : comparer les sources, critiquer les documents diplomatiques, replacer les décisions dans leur contexte.

Dans les années 1960, les travaux de Fritz Fischer provoquent une controverse majeure en Allemagne. Fischer souligne les responsabilités allemandes en 1914 et les inscrit dans une continuité historique conduisant jusqu’à l’expansionnisme nazi. Cette thèse est politiquement sensible car elle touche à l’identité nationale allemande et à la mémoire des deux guerres mondiales. Elle montre que l’histoire scientifique peut entrer en conflit avec des récits nationaux.

Enfin, le document explique que l’historiographie récente dépasse la seule recherche des fautes. Les historiens cherchent à comprendre les conditions de possibilité de la guerre : les représentations des dirigeants, les cultures politiques, les imaginaires militaires, les mécanismes de décision et les sociétés européennes avant 1914. Cette évolution est essentielle : il ne s’agit plus seulement de désigner un coupable, mais de comprendre pourquoi la guerre est devenue pensable, acceptable ou inévitable pour certains acteurs.

Conclusion critique

Le document montre bien que les causes de la Première Guerre mondiale sont au cœur de débats historiques et politiques. Elles sont historiques parce qu’elles exigent de combiner causes immédiates, causes profondes, décisions individuelles et contextes sociaux. Elles sont politiques parce que les États, les partis, les opinions publiques et les mémoires nationales ont utilisé cette question pour justifier, accuser ou se défendre. La limite du document est qu’il insiste surtout sur l’historiographie et les usages politiques des responsabilités, sans détailler tous les mécanismes précis de la crise de juillet 1914. Il reste toutefois très utile pour comprendre la différence entre mémoire, propagande, débat politique et travail historique.

Méthode express pour obtenir une très bonne note

Pour la dissertationCommence par définir tous les termes du sujet. Ici, « seuls » ou « rivalités et coopérations » imposent une réponse nuancée.
Pour la problématiqueTransforme le sujet en tension : centralité de l’État mais multiplication des acteurs ; compétition spatiale mais coopération nécessaire.
Pour les exemplesNe liste pas. Chaque exemple doit prouver une idée : Spoutnik prouve la rivalité, l’ISS prouve la coopération, Daech prouve la montée d’acteurs non étatiques.
Pour le documentCite le document, explique-le, puis complète avec tes connaissances. Ne fais ni résumé seul, ni récitation du cours sans lien avec le texte.

Erreurs fréquentes à éviter

Erreur 1 : répondre oui ou non trop vite

Pour le sujet sur les États et la guerre, une copie qui répond simplement « non, il existe aussi des groupes terroristes » est trop courte. Il faut montrer une évolution historique depuis le XVIIIe siècle.

Erreur 2 : réduire l’espace à Apollo 11

Apollo 11 est un exemple incontournable, mais il faut aussi parler des satellites, de la militarisation, des coopérations, des nouveaux acteurs privés et des rivalités actuelles.

Erreur 3 : confondre histoire et mémoire

Dans l’étude critique, l’histoire est une démarche scientifique fondée sur les sources ; la mémoire est un rapport vécu, politique ou identitaire au passé.

Erreur 4 : oublier les limites du document

Une étude critique doit toujours signaler ce que le document ne dit pas ou ne développe pas assez. Ici, il n’explique pas en détail le déroulement précis de la crise de juillet 1914.

Mots-clés HGGSP utiles pour ce sujet

En attendant la future page de lexique HGGSP, ces notions peuvent servir de repères rapides dans la copie.

ÉtatGuerre interétatiqueGuerre irrégulièreActeur non étatiqueAsymétriePuissanceConquête spatialeCoopération internationaleHistoriographieMémoireResponsabilitésImpérialisme

Compléter ses révisions HGGSP

Pour consolider ce corrigé, il est utile de revoir les thèmes du programme, puis de refaire un sujet en temps limité. Travaille d’abord l’introduction et le plan détaillé, puis rédige une partie complète.

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FAQ – Corrigé HGGSP Antilles 2026 jour 2

Fallait-il traiter les deux dissertations ?

Non. Le candidat devait choisir une seule dissertation parmi les deux sujets proposés, puis traiter obligatoirement l’étude critique de document.

Le sujet sur les États et la guerre appelle-t-il une réponse oui/non ?

Non. Il faut nuancer : les États restent centraux depuis le XVIIIe siècle, mais ils ne sont pas les seuls acteurs de la guerre. Les sociétés, idéologies, groupes armés, acteurs privés et réseaux transnationaux comptent aussi.

Que fallait-il absolument citer pour la conquête spatiale ?

Les exemples les plus efficaces sont Spoutnik, Gagarine, Apollo 11, le traité de l’espace de 1967, l’ISS, l’ESA, la Chine, l’Inde et les acteurs privés du New Space.

Quelle était l’idée principale de l’étude critique ?

Il fallait montrer que les causes de la Première Guerre mondiale ne sont pas seulement un problème historique complexe, mais aussi un enjeu politique lié aux responsabilités, aux traités, aux mémoires nationales et aux usages de l’histoire.

Comment gagner des points dans l’étude critique ?

Il faut présenter le document, citer quelques expressions importantes, les expliquer, ajouter des connaissances précises et terminer par une limite du document.