Corrigé HGGSP Métropole 2026 – Jour 2
Bac 2026 • HGGSP • Métropole Réunion Mayotte • Jour 2

Corrigé HGGSP Métropole 2026 – Jour 2

Ce corrigé propose une correction complète et pédagogique du sujet HGGSP Métropole, Réunion et Mayotte 2026 jour 2. Il traite les deux dissertations au choix et l’étude critique de documents sur les États-Unis et l’environnement, avec plans détaillés, introductions, développements rédigés, conclusions et conseils de méthode.

Histoire et mémoires Formes de la guerre États-Unis Environnement Dissertation Étude critique
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Résumé du sujet et attentes du correcteur

Le sujet mobilise trois grands thèmes du programme de terminale HGGSP : Histoire et mémoires, Faire la guerre, faire la paix et L’environnement, entre exploitation et protection. Il est donc très représentatif de l’épreuve : le candidat doit à la fois construire une réflexion large en dissertation et analyser précisément des documents.

Dissertation 1Montrer que les mémoires sont construites par des acteurs multiples : États, historiens, témoins, justice, associations, médias, artistes.
Dissertation 2Expliquer le passage des guerres interétatiques aux guerres totales, irrégulières, asymétriques, hybrides et transnationales.
Étude critiqueConfronter un texte politique de 1965 et une courbe des émissions de CO₂ par habitant aux États-Unis.
MéthodeDéfinir les termes, problématiser, hiérarchiser les exemples et conclure en répondant explicitement à la question.

Analyse du sujet : ce qui est vraiment évalué

Le premier sujet de dissertation n’invite pas seulement à réciter le cours sur les mémoires. Il demande de réfléchir à la notion d’acteur. Une mémoire ne naît pas toute seule : elle est portée, sélectionnée, transmise, parfois contestée. Il faut donc montrer comment différents acteurs produisent des récits du passé, leur donnent une place publique et peuvent entrer en concurrence.

Le deuxième sujet porte sur une évolution historique longue, du XVIIIe siècle à nos jours. Il faut éviter de raconter toutes les guerres dans l’ordre chronologique. Le cœur du sujet consiste à montrer comment changent les acteurs, les objectifs, les moyens, les échelles et les modes de résolution de la guerre.

L’étude critique de documents demande une confrontation précise : le texte de Lyndon B. Johnson montre une prise de conscience politique de la pollution dans les années 1960, tandis que la courbe des émissions de CO₂ par habitant souligne la persistance d’un modèle fortement productiviste et énergivore. Il faut donc analyser une tension durable : les États-Unis protègent certains espaces et adoptent des politiques environnementales, mais ils restent aussi une puissance fondée sur l’exploitation massive des ressources.

À retenir : en HGGSP, la meilleure copie n’est pas celle qui accumule le plus d’exemples, mais celle qui les utilise pour répondre à une problématique claire.

Notions du programme mobilisées

Partie du sujetThème du programmeNotions utiles
Dissertation 1Histoire et mémoiresMémoire, histoire, justice, témoignage, reconnaissance, mémoire officielle, mémoire collective, lieux de mémoire, génocide, guerre d’Algérie, crimes de masse.
Dissertation 2Faire la guerre, faire la paixGuerre interétatique, guerre absolue, guerre totale, conflit asymétrique, terrorisme, acteurs non étatiques, ONU, sécurité collective.
Étude critiqueL’environnement, entre exploitation et protectionProtection, exploitation, industrialisation, pollution, État fédéral, ressources, émissions de CO₂, modèle énergétique, gouvernance environnementale.

Dissertation 1 – Les acteurs de la construction des mémoires

1. Analyse du sujet

Le sujet invite à réfléchir à la manière dont les mémoires sont produites et transmises. Le mot mémoires est au pluriel : il existe souvent plusieurs manières de se souvenir d’un même événement. Ces mémoires peuvent être complémentaires, concurrentes ou conflictuelles.

Le terme construction est central. Il signifie qu’une mémoire n’est pas une simple conservation du passé : elle est sélectionnée, racontée, ritualisée, institutionnalisée. Certains souvenirs sont mis en avant, d’autres sont oubliés ou marginalisés. Construire une mémoire, c’est donc donner un sens présent à un passé.

Enfin, le mot acteurs impose de distinguer plusieurs catégories : les États, les historiens, les témoins, les victimes et leurs descendants, les associations, les juges, les médias, les artistes, les musées, les enseignants ou encore les institutions internationales.

Problématique possible : Comment les mémoires se construisent-elles sous l’action d’acteurs multiples, parfois complémentaires mais souvent concurrents, et dans quelle mesure cette construction transforme-t-elle le rapport des sociétés à leur passé ?

2. Plan détaillé conseillé

PartieIdée directriceExemples mobilisables
ILes États jouent un rôle majeur dans la construction des mémoires officielles.Commémorations, monuments aux morts, cérémonies nationales, lois mémorielles, reconnaissance du génocide des Juifs, discours de Jacques Chirac en 1995.
IILes sociétés civiles, les témoins, les victimes et les associations imposent aussi des mémoires longtemps oubliées.Mémoires de la guerre d’Algérie, harkis, pieds-noirs, anciens combattants algériens, rescapés de la Shoah, associations de victimes.
IIILes historiens, la justice, les arts et les médias transforment les mémoires en objets de débat, de savoir et de transmission.Nuremberg, TPIY, tribunaux gacaca, travaux historiques, littérature et cinéma du génocide, musées, enseignement.

3. Introduction rédigée possible

Les sociétés ne se contentent pas de connaître leur passé : elles le commémorent, le racontent, le mettent en scène et parfois le contestent. Les mémoires ne sont donc pas de simples souvenirs individuels. Elles sont des représentations collectives du passé, construites dans le présent par des acteurs qui poursuivent des objectifs variés : rendre hommage, réparer, transmettre, légitimer une identité ou défendre une cause. Cette construction est particulièrement visible après les guerres, les génocides et les crimes de masse, lorsque les sociétés doivent affronter des traumatismes durables. Dès lors, comment les mémoires se construisent-elles sous l’action d’acteurs multiples, parfois complémentaires mais souvent concurrents ? On montrera d’abord le rôle central des États dans la construction des mémoires officielles, puis l’action des groupes sociaux et des témoins, avant d’analyser la place des historiens, de la justice et des productions culturelles.

4. Développement rédigé

I. Les États, acteurs majeurs des mémoires officielles

Les États sont des acteurs essentiels de la construction des mémoires car ils disposent de moyens puissants : école, cérémonies, monuments, lois, musées nationaux, discours officiels. Après une guerre, l’État cherche souvent à donner une signification commune au passé. Les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale, présents dans la plupart des communes françaises, inscrivent le sacrifice des soldats dans l’espace public. Ils construisent une mémoire civique et patriotique, centrée sur le deuil, la reconnaissance et l’unité nationale.

L’État peut aussi reconnaître officiellement des responsabilités longtemps minimisées. En France, la reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs marque une évolution importante. Le discours de Jacques Chirac de 1995 sur la rafle du Vél d’Hiv rompt avec une mémoire qui dissociait fortement la République de Vichy. L’État devient alors un acteur de reconnaissance, mais aussi de réparation symbolique.

Cependant, les mémoires officielles peuvent sélectionner le passé. Un État peut privilégier une mémoire héroïque, patriotique ou unificatrice, au détriment de mémoires plus douloureuses. Après la guerre d’Algérie, la France a longtemps évité de nommer clairement le conflit : l’expression « événements d’Algérie » a retardé la reconnaissance de la guerre. Les États construisent donc les mémoires, mais ils peuvent aussi entretenir des silences.

II. Témoins, victimes, associations et groupes sociaux imposent des mémoires longtemps marginalisées

Les mémoires ne sont pas seulement fabriquées par le pouvoir politique. Elles sont aussi portées par des individus et des groupes qui réclament reconnaissance. Les témoins jouent un rôle décisif. Les rescapés des génocides, des camps ou des violences de masse transmettent une expérience vécue. Leur parole peut devenir un élément central de la mémoire collective, notamment lorsque les générations suivantes n’ont pas connu directement les événements.

Les associations de victimes et de descendants agissent également pour faire reconnaître des souffrances oubliées. Dans le cas de la guerre d’Algérie, les mémoires sont multiples : appelés français, anciens combattants algériens, harkis, pieds-noirs, militants indépendantistes, victimes de torture, familles de disparus. Ces groupes ne racontent pas le passé de la même façon, car ils ne l’ont pas vécu à la même place. Les mémoires peuvent donc être concurrentes, voire conflictuelles.

Ces acteurs de la société civile peuvent faire évoluer les politiques publiques. Ils demandent des commémorations, des plaques, des réparations, des ouvertures d’archives, des procès ou une place dans les programmes scolaires. Leur action montre que la mémoire est un rapport de force : certaines mémoires deviennent visibles parce que des acteurs se mobilisent pour les faire entendre.

III. Historiens, justice, arts et médias donnent aux mémoires une dimension critique et transmissible

Les historiens ne construisent pas la mémoire de la même manière que les témoins ou les États. Leur rôle est d’établir des faits, d’analyser les sources, de contextualiser et de distinguer mémoire et histoire. Ils peuvent confirmer certaines mémoires, mais aussi les nuancer ou les contredire. Par exemple, les débats sur les causes de la Première Guerre mondiale montrent que l’histoire peut remettre en question des récits nationaux simplificateurs.

La justice joue elle aussi un rôle majeur. Les procès de Nuremberg ont contribué à qualifier juridiquement les crimes nazis et à poser les bases d’une mémoire internationale des crimes contre l’humanité. Plus récemment, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie ou les tribunaux gacaca au Rwanda ont participé à la reconnaissance des crimes, à l’identification des responsables et à la reconstruction des sociétés. Juger, ce n’est pas seulement punir : c’est aussi produire un récit judiciaire du passé.

Enfin, la littérature, le cinéma, les musées et les médias participent à la transmission. Les œuvres artistiques permettent de rendre sensible une expérience historique difficile à représenter. Le cinéma et la littérature consacrés au génocide des Juifs et des Tsiganes, par exemple, ont joué un rôle important dans la diffusion d’une mémoire auprès d’un large public. Mais ces formes de transmission peuvent aussi simplifier ou émotionnaliser le passé : elles doivent donc être accompagnées par une réflexion critique.

5. Conclusion rédigée

Les mémoires sont construites par une pluralité d’acteurs. Les États produisent des mémoires officielles, les témoins et les associations défendent des expériences souvent marginalisées, tandis que les historiens, la justice, les arts et les médias contribuent à établir, transmettre et discuter le passé. Cette construction est rarement neutre : elle révèle des conflits de reconnaissance, des enjeux politiques et des besoins de réparation. La mémoire apparaît ainsi comme un espace de débat dans lequel une société interroge son identité et son rapport à l’histoire.

6. Erreurs fréquentes à éviter

Erreur 1Transformer le devoir en catalogue d’exemples sans problématique.
Erreur 2Confondre mémoire et histoire : la mémoire est subjective et vécue ; l’histoire vise une connaissance critique.
Erreur 3Oublier les acteurs non étatiques : témoins, associations, artistes, médias, familles, justice.
Erreur 4Présenter toutes les mémoires comme harmonieuses alors qu’elles peuvent être concurrentes.

Dissertation 2 – Les évolutions des formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours

1. Analyse du sujet

Ce sujet demande une réflexion de longue durée. Il ne faut pas raconter successivement la guerre de Sept Ans, les guerres napoléoniennes, les deux guerres mondiales, la guerre froide, puis le terrorisme. Il faut montrer ce qui change dans les formes de la guerre : les acteurs, les objectifs, les moyens, l’intensité de la violence, la place des civils, la distinction entre guerre et paix, et les modes de résolution.

Au XVIIIe siècle, le modèle dominant est celui de la guerre interétatique entre armées régulières. À partir de la Révolution française et des guerres napoléoniennes, la guerre se transforme avec la mobilisation nationale. Au XXe siècle, les guerres totales mobilisent les sociétés entières et brouillent davantage la distinction entre combattants et civils. Depuis la fin du XXe siècle, les conflits sont souvent irréguliers, asymétriques, transnationaux ou hybrides.

Problématique possible : Comment les formes de la guerre ont-elles évolué depuis le XVIIIe siècle, d’un modèle interétatique relativement codifié vers des conflits plus massifs, plus irréguliers et plus hybrides ?

2. Plan détaillé conseillé

PartieIdée directriceExemples mobilisables
IDu XVIIIe siècle au début du XIXe siècle : une guerre interétatique qui devient progressivement nationale et politique.Guerre de Sept Ans, Clausewitz, Révolution française, levée en masse, guerres napoléoniennes.
IIAu XXe siècle : les guerres totales et idéologiques transforment l’échelle et la violence des conflits.Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale, génocides, bombardements, guerre froide.
IIIDepuis la fin du XXe siècle : les conflits deviennent plus asymétriques, irréguliers, transnationaux et hybrides.Al-Qaïda, Daech, guerres civiles internationalisées, cyberattaques, drones, sociétés militaires privées.

3. Introduction rédigée possible

Pour Clausewitz, la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Cette formule, élaborée à partir de l’expérience des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, rappelle que la guerre n’est pas seulement un affrontement militaire : elle est liée aux objectifs politiques des acteurs. Pourtant, les formes de la guerre ont profondément changé depuis le XVIIIe siècle. Les conflits entre armées régulières d’États monarchiques ont laissé place à des guerres nationales, totales, idéologiques, puis à des conflits plus irréguliers et transnationaux. Comment les formes de la guerre ont-elles évolué depuis le XVIIIe siècle, d’un modèle interétatique codifié vers des conflits plus massifs, plus irréguliers et plus hybrides ? On montrera d’abord l’évolution du modèle interétatique classique, puis la rupture des guerres totales du XXe siècle, avant d’analyser les formes contemporaines de conflictualité.

4. Développement rédigé

I. Du XVIIIe siècle aux guerres napoléoniennes : la guerre interétatique devient nationale et politique

Au XVIIIe siècle, la guerre oppose principalement des États monarchiques et des armées professionnelles. Les conflits ont des objectifs territoriaux, dynastiques ou stratégiques. La guerre de Sept Ans illustre cette logique : elle met en jeu des puissances européennes dans un affrontement mondial, mais elle reste conduite par des États et des armées identifiables.

La Révolution française transforme profondément cette forme de guerre. Avec la levée en masse, la nation devient un acteur militaire. La guerre ne concerne plus seulement les souverains et leurs armées : elle engage les citoyens, la souveraineté nationale et les idéaux politiques. Les guerres révolutionnaires et napoléoniennes élargissent l’échelle des conflits, mobilisent davantage d’hommes et donnent à la guerre une dimension idéologique plus forte.

Clausewitz analyse cette mutation. Pour lui, la guerre est liée à la politique, mais elle peut tendre vers une intensification extrême lorsque les passions populaires, les objectifs politiques et les moyens militaires se combinent. Le modèle clausewitzien reste centré sur l’État, mais il annonce déjà une guerre plus mobilisatrice, plus politique et potentiellement plus destructrice.

II. Le XXe siècle : guerres totales, violence de masse et conflits idéologiques

Au XXe siècle, les deux guerres mondiales marquent une rupture majeure. La Première Guerre mondiale est une guerre totale : elle mobilise les soldats, l’économie, l’industrie, les sciences, les femmes au travail, les colonies et les opinions publiques. La violence atteint une intensité nouvelle avec l’artillerie de masse, les tranchées, les gaz, les offensives meurtrières et l’usure des sociétés.

La Seconde Guerre mondiale radicalise encore cette logique. Les civils deviennent des cibles centrales : bombardements stratégiques, massacres, génocides, déplacements forcés. La guerre n’est plus seulement un affrontement entre armées ; elle vise parfois l’anéantissement d’un adversaire politique, racial ou idéologique. Le génocide des Juifs et des Tsiganes montre que la violence de guerre peut être liée à une entreprise de destruction systématique.

Après 1945, la guerre froide modifie les formes de conflictualité. Les États-Unis et l’URSS évitent un affrontement direct en raison de la dissuasion nucléaire, mais s’opposent dans des conflits indirects, des guerres périphériques, la propagande, l’espionnage, la course aux armements et les rivalités technologiques. La guerre devient aussi idéologique, globale et parfois indirecte.

III. Depuis la fin du XXe siècle : conflits asymétriques, irréguliers et hybrides

Depuis la fin de la guerre froide, les conflits ne disparaissent pas, mais ils changent de forme. Beaucoup ne correspondent plus au modèle classique de deux États opposant leurs armées régulières. Les guerres civiles internationalisées, les groupes armés non étatiques, les milices, les organisations terroristes ou les sociétés militaires privées occupent une place croissante.

Le terrorisme djihadiste illustre la remise en cause du modèle clausewitzien classique. Al-Qaïda et Daech ne sont pas des États au sens traditionnel, même si Daech a cherché à contrôler un territoire. Ces acteurs utilisent la violence pour produire un effet politique et médiatique mondial. Les attentats visent souvent des civils et cherchent à provoquer la peur, la polarisation et la réaction des États.

Les conflits contemporains sont aussi marqués par l’hybridation. La guerre peut combiner opérations militaires classiques, cyberattaques, désinformation, drones, pressions économiques, guerre informationnelle et emploi de forces irrégulières. La frontière entre guerre et paix devient plus floue. Les nouvelles technologies transforment également les modes d’action : drones, satellites, renseignement numérique, cyberespace et intelligence artificielle militaire modifient les conditions de la puissance.

5. Conclusion rédigée

Depuis le XVIIIe siècle, les formes de la guerre ont connu une profonde transformation. La guerre interétatique menée par des armées régulières n’a pas disparu, mais elle a été complétée puis débordée par des formes plus massives, plus idéologiques, plus irrégulières et plus hybrides. Les guerres révolutionnaires et napoléoniennes ont nationalisé le conflit, les guerres mondiales ont mobilisé les sociétés entières, tandis que les conflits contemporains impliquent souvent des acteurs non étatiques, des formes asymétriques et des technologies nouvelles. L’évolution des formes de la guerre montre donc que la guerre reste un instrument politique, mais qu’elle se recompose sans cesse avec les sociétés, les techniques et les rapports de puissance.

6. Ce qui fait gagner des points

Définir la guerreMobiliser Clausewitz sans le réciter mécaniquement : la guerre a une dimension politique.
Montrer les rupturesNation en armes, guerre totale, dissuasion nucléaire, terrorisme, guerre hybride.
Utiliser la chronologieFaire apparaître des évolutions sans transformer le devoir en frise narrative.
NuancerLes guerres entre États existent encore, mais elles coexistent avec d’autres formes de conflictualité.

Étude critique de documents – Les États-Unis et la question environnementale

1. Comprendre la consigne

La consigne demande d’expliquer le rapport des États-Unis à l’environnement entre protection et exploitation. Il faut donc éviter deux réponses simplistes : dire que les États-Unis ne font qu’exploiter la nature, ou dire qu’ils sont seulement un pays pionnier de la protection environnementale. Le dossier montre au contraire une tension permanente.

Le document 1 est une préface rédigée par le président Lyndon B. Johnson en 1965. Il reconnaît la gravité de la pollution liée à la prospérité, à l’urbanisation et à l’industrialisation. Le document 2 est une courbe des émissions de CO₂ par habitant aux États-Unis depuis 1800. Elle montre une hausse très forte avec l’industrialisation, un niveau très élevé au XXe siècle, puis un recul depuis les années 2000, sans disparition du problème.

Problématique possible : Comment les documents révèlent-ils le rapport ambivalent des États-Unis à l’environnement, entre volonté de protection, puissance scientifique et maintien d’un modèle fondé sur l’exploitation intensive des ressources ?

2. Présentation critique des documents

DocumentNature et intérêtLimites
Document 1Texte présidentiel de 1965 : il révèle une prise de conscience politique de la pollution par l’État fédéral.Il s’agit d’un discours institutionnel : il annonce des priorités mais ne mesure pas directement les résultats des politiques menées.
Document 2Courbe longue des émissions de CO₂ par habitant : elle permet de mesurer la réalité d’un modèle énergétique très carboné.Elle ne montre que le CO₂ territorial par habitant ; elle ne dit pas tout des politiques, des importations, des inégalités internes ou des autres pollutions.

3. Plan détaillé conseillé

PartieIdée directriceDocuments à mobiliser
ILes États-Unis se construisent comme puissance par l’exploitation massive des ressources et l’industrialisation.Doc. 2 : forte hausse des émissions depuis le XIXe siècle ; doc. 1 : prospérité liée à la technologie et aux déchets.
IIIls développent aussi une tradition de protection et une prise de conscience environnementale.Doc. 1 : appel à la recherche, au contrôle de la pollution et à l’action publique.
IIIMais cette protection reste traversée par des tensions, car le modèle américain demeure très énergivore et politiquement divisé.Doc. 2 : émissions très élevées au XXe siècle et recul récent mais incomplet ; connaissances sur les États fédérés, les firmes, les ONG, les accords internationaux.

4. Introduction rédigée possible

Les États-Unis occupent une place particulière dans l’histoire environnementale mondiale. Ils sont à la fois le pays des grands parcs nationaux, d’une tradition ancienne de protection de la nature, et l’une des puissances les plus associées à l’exploitation intensive des ressources, à l’industrialisation et aux émissions de gaz à effet de serre. Les deux documents proposés illustrent cette ambivalence : en 1965, Lyndon B. Johnson reconnaît la gravité de la pollution, tandis que la courbe des émissions de CO₂ par habitant montre la persistance d’un modèle très carboné. Comment ces documents révèlent-ils le rapport ambivalent des États-Unis à l’environnement, entre protection, puissance scientifique et exploitation intensive ? Nous montrerons d’abord que le modèle américain repose sur une exploitation massive de l’environnement, puis qu’une prise de conscience politique et scientifique se développe, avant d’analyser les tensions persistantes de cette protection.

5. Développement rédigé

I. Une puissance construite sur l’exploitation massive des ressources

Le document 2 montre clairement la dimension historique de l’exploitation américaine. Les émissions de CO₂ par habitant restent très faibles au début du XIXe siècle, puis augmentent fortement avec l’industrialisation, l’urbanisation, le développement du charbon, du pétrole, du gaz, de l’automobile, de l’industrie lourde et de la consommation de masse. Cette trajectoire reflète le modèle de puissance des États-Unis : abondance énergétique, mise en valeur des ressources, conquête des territoires et croissance économique rapide.

Le document 1 confirme ce lien entre prospérité et pollution. Lyndon B. Johnson affirme que la technologie a permis la richesse du pays, mais qu’elle produit aussi des déchets et des pollutions. Il met en relation l’urbanisation, l’industrialisation et la concentration des polluants dans l’air, les sols et les eaux. L’environnement apparaît donc comme le revers du modèle productiviste américain.

Cette exploitation n’est pas seulement économique : elle est aussi culturelle et territoriale. La conquête de l’Ouest, l’exploitation minière, l’agriculture intensive, les grands barrages, les réseaux de transport et l’étalement urbain témoignent d’un rapport à la nature pensé comme ressource à transformer. Les États-Unis ont longtemps associé la maîtrise de la nature au progrès, à la liberté individuelle et à la puissance nationale.

II. Une prise de conscience et une tradition de protection environnementale

Pourtant, les États-Unis ne peuvent pas être réduits à un modèle d’exploitation. Ils possèdent aussi une tradition ancienne de protection de la nature. Dès la fin du XIXe siècle, la création de parcs nationaux comme Yellowstone témoigne d’une volonté de préserver des espaces naturels exceptionnels. Cette protection s’inscrit dans des représentations puissantes de la wilderness, c’est-à-dire d’une nature sauvage valorisée comme élément de l’identité américaine.

Le document 1 montre une autre étape : la prise de conscience de la pollution industrielle et urbaine dans les années 1960. Johnson insiste sur la nécessité d’intensifier la recherche, de former davantage de scientifiques et d’ingénieurs, et de mobiliser les agences publiques. Le texte révèle le rôle de l’État fédéral dans la construction d’une politique environnementale moderne. Il ne s’agit plus seulement de protéger des paysages remarquables, mais de lutter contre des pollutions qui touchent les populations.

Cette période correspond à un contexte plus large : montée des préoccupations écologiques, alertes scientifiques, mobilisation citoyenne, rôle des ONG et adoption progressive de réglementations. Les États-Unis deviennent ainsi un laboratoire des politiques environnementales, même si ces politiques sont souvent discutées et contestées.

III. Des tensions persistantes entre protection, exploitation et divisions politiques

La confrontation des documents révèle cependant les limites de cette prise de conscience. Le document 2 montre que les émissions de CO₂ par habitant restent très élevées pendant une grande partie du XXe siècle. Même si elles diminuent nettement depuis les années 2000, elles demeurent importantes. Cela signifie que la protection environnementale ne supprime pas immédiatement les structures économiques et énergétiques héritées de l’industrialisation.

Les États-Unis sont traversés par des tensions politiques internes. L’État fédéral peut promouvoir des normes environnementales, mais les États fédérés disposent aussi de pouvoirs importants. Certains États, comme la Californie, sont souvent plus volontaristes dans la transition énergétique et la réglementation. D’autres restent fortement liés aux industries fossiles. Les entreprises, les lobbies, les ONG, les scientifiques, les citoyens et les tribunaux participent donc à un rapport de force permanent.

À l’échelle internationale, l’ambivalence est également forte. Les États-Unis sont indispensables dans les négociations climatiques en raison de leur poids économique, technologique et diplomatique. Mais leur engagement varie selon les administrations. Cette instabilité montre que l’environnement est un enjeu géopolitique : il oppose des visions de la croissance, de la souveraineté, de la responsabilité mondiale et de la transition énergétique.

6. Conclusion rédigée

Les deux documents montrent que le rapport des États-Unis à l’environnement est profondément ambivalent. D’un côté, la puissance américaine s’est construite sur l’exploitation intensive des ressources, l’industrialisation, l’urbanisation et un modèle de consommation très émetteur de CO₂. De l’autre, les États-Unis ont développé une tradition de protection de la nature et une prise de conscience politique de la pollution, visible dans le texte de Lyndon B. Johnson. Mais la confrontation avec la courbe des émissions montre que les politiques de protection restent limitées par la puissance des intérêts économiques, les choix énergétiques et les divisions politiques. Les États-Unis apparaissent donc comme un acteur central de la question environnementale mondiale, à la fois moteur possible de solutions et symbole des contradictions du modèle productiviste.

7. Ce qu’il fallait absolument faire apparaître

ConfronterNe pas traiter les documents séparément : le texte annonce une prise de conscience, la courbe mesure la persistance d’un modèle carboné.
ContextualiserRelier les documents à l’histoire environnementale des États-Unis : parcs, industrialisation, société de consommation, État fédéral.
NuancerLes États-Unis ne sont ni seulement destructeurs ni seulement protecteurs : leur rapport à l’environnement est contradictoire.
CritiquerLa courbe ne suffit pas à mesurer toute la politique environnementale ; le texte présidentiel ne prouve pas l’efficacité des mesures.

Méthode : comment rédiger une copie solide en HGGSP

Pour la dissertation

Une bonne dissertation commence par une définition précise des termes. Ici, il fallait définir « acteurs », « construction », « mémoires », ou encore « formes de la guerre ». La problématique doit montrer une tension : pluralité des acteurs et conflits de mémoire ; continuité de la guerre politique et transformation de ses formes.

Le plan doit être démonstratif. Chaque partie doit défendre une idée, et chaque exemple doit servir cette idée. Il ne suffit pas de citer Nuremberg, la guerre d’Algérie, Clausewitz ou Daech : il faut expliquer ce que ces exemples prouvent.

Pour l’étude critique de documents

L’étude critique doit combiner trois gestes : analyser les documents, les confronter et mobiliser les connaissances. Une copie qui paraphrase les documents reste insuffisante. Une copie qui récite le cours sans analyser les documents manque aussi la consigne. Il faut donc articuler les deux.

Formule utile : « Le document montre que…, mais cette idée doit être nuancée par…, ce que l’on peut éclairer grâce à… »

Conseils concrets pour progresser

1. Toujours problématiserUne dissertation n’est pas un exposé. Elle répond à une question construite.
2. Hiérarchiser les exemplesDeux exemples bien expliqués valent mieux que six exemples seulement cités.
3. Confronter les documentsDans l’étude critique, le correcteur attend que les documents dialoguent entre eux.
4. Utiliser le vocabulaire HGGSPActeurs, échelles, représentations, puissance, conflictualité, mémoire, gouvernance.
5. Ne pas oublier les limitesUn document a toujours un point de vue, un contexte, une portée et des angles morts.
6. Conclure vraimentLa conclusion répond clairement à la problématique et ouvre éventuellement sur un enjeu proche.

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Conseil : essaie d’abord de construire le plan de dissertation ou le plan d’étude critique en 20 minutes, puis compare avec le corrigé.

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FAQ – Corrigé HGGSP Métropole 2026 jour 2

Quel sujet de dissertation était le plus accessible ?

Le sujet sur les acteurs de la construction des mémoires était très accessible si le cours sur histoire et mémoires était bien maîtrisé. Le sujet sur les formes de la guerre demandait davantage de recul chronologique.

Fallait-il traiter les deux dissertations ?

Non. Le candidat devait choisir une dissertation parmi les deux sujets proposés, puis traiter obligatoirement l’étude critique de documents.

Quelle était la difficulté principale de l’étude critique ?

La difficulté était de confronter le texte de 1965 avec la courbe de long terme : le discours politique montre une prise de conscience, mais la courbe montre la persistance d’un modèle énergétique très émetteur.

Peut-on parler des parcs nationaux dans l’étude critique ?

Oui. C’est un exemple utile pour montrer que les États-Unis ont une tradition ancienne de protection de la nature, à condition de le relier à la tension avec l’exploitation des ressources.

Faut-il citer Clausewitz dans la dissertation sur la guerre ?

Oui, c’est pertinent, mais il faut l’utiliser pour construire une réflexion : le modèle clausewitzien aide à comprendre la guerre interétatique, puis ses limites face aux conflits irréguliers et transnationaux.

Où trouver les autres sujets HGGSP ?

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