Corrigé SES Métropole 2026 – Jour 1
Corrigé du sujet officiel de spécialité SES : dissertation sur les questions environnementales comme problème public, puis épreuve composée sur la zone euro, l’engagement politique et la compétitivité.
Résumé du sujet et attendus du programme
Dissertation – Comment les questions environnementales peuvent-elles devenir un problème public ?
Le sujet demande d’expliquer comment une question environnementale, qui peut d’abord exister comme fait scientifique, dégradation locale ou revendication militante, devient un enjeu reconnu dans l’espace public et pris en charge par les pouvoirs publics. On attend donc une copie de sociologie politique, pas seulement une copie d’écologie.
Analyse des termes du sujet
Question environnementale : enjeu lié à la protection de l’environnement, au changement climatique, à la biodiversité, à l’eau, aux pollutions, aux déchets ou aux ressources naturelles.
Problème public : situation définie comme suffisamment collective, urgente et légitime pour faire l’objet de débats, de mobilisations, de décisions publiques ou d’une mise à l’agenda politique.
Peuvent-elles devenir : le sujet invite à montrer un processus. Une question environnementale ne devient pas automatiquement publique : elle doit être nommée, mesurée, rendue visible, soutenue par des acteurs et parfois politisée.
Problématique possible
Par quels mécanismes et grâce à quels acteurs une question environnementale est-elle transformée en enjeu collectif reconnu, discuté et pris en charge par l’action publique ?
Plan conseillé
- Les questions environnementales deviennent publiques lorsqu’elles sont rendues visibles par les savoirs scientifiques, les données et les médias.
- Elles deviennent ensuite un problème public grâce aux mobilisations d’acteurs variés : ONG, citoyens, experts, entreprises, partis et pouvoirs publics.
- Cette construction reste conflictuelle et dépend de rapports de force, de l’opinion et de la mise à l’agenda politique.
Introduction rédigée
Le changement climatique, la protection des océans ou la transition énergétique ne sont pas seulement des réalités physiques ou scientifiques. Ce sont aussi des enjeux sociaux et politiques : ils font l’objet de débats publics, de mobilisations citoyennes, de décisions gouvernementales et de stratégies d’entreprises. Pourtant, toutes les dégradations environnementales ne deviennent pas immédiatement visibles ni prioritaires pour les pouvoirs publics. Pour qu’une question environnementale devienne un problème public, il faut qu’elle soit construite comme un enjeu collectif, reconnu comme légitime et inscrit dans le débat politique. On peut donc se demander par quels mécanismes et grâce à quels acteurs une question environnementale est transformée en problème public. Nous montrerons d’abord que la production de connaissances et la diffusion d’informations rendent ces questions visibles. Nous verrons ensuite que des acteurs variés contribuent à leur mise en débat. Enfin, nous montrerons que cette construction dépend aussi de conflits, de coopérations et de la mise à l’agenda politique.
I. Les savoirs et les données rendent les enjeux environnementaux visibles
Une question environnementale devient d’abord publique lorsqu’elle peut être identifiée, mesurée et rendue compréhensible. Les experts, les chercheurs et les institutions scientifiques jouent ici un rôle central. Ils produisent des connaissances, des indicateurs, des rapports et des alertes qui permettent de transformer un phénomène parfois invisible en problème collectif.
Le document 1 montre par exemple que les publications scientifiques sur la protection de l’environnement progressent fortement entre 2010 et 2020. Pour les 15 pays présentés, elles passent de 75 509 à 230 900 publications, soit une multiplication par 3,1. La Chine passe de 10 709 à 62 918 publications, soit un coefficient multiplicateur de 5,9. Cette hausse illustre l’intensification du travail scientifique sur l’environnement.
Ces connaissances scientifiques alimentent ensuite les médias, les institutions, les programmes politiques et les mobilisations. Une question comme le changement climatique devient un problème public lorsqu’elle est documentée par des données, des rapports et des prévisions. La science ne décide pas seule de l’action publique, mais elle donne des arguments et une légitimité à ceux qui demandent une intervention.
II. Des acteurs variés transforment l’alerte en mobilisation collective
Le programme de terminale insiste sur la pluralité des acteurs : pouvoirs publics, ONG, entreprises, experts, partis politiques et mouvements citoyens participent à la construction des questions environnementales comme problème public. Une question devient publique lorsqu’elle est portée par des groupes capables d’attirer l’attention, de mobiliser l’opinion et d’interpeller les décideurs.
Le document 4 illustre très bien cette coopération entre acteurs différents. L’opération Take OFF associe l’Institut océanographique Paul-Ricard, le militant écologiste Paul Watson et le dirigeant d’une grande entreprise, Alexandre Ricard. Chacun dispose de ressources différentes : le militant attire l’attention par sa notoriété et ses actions spectaculaires, l’entreprise apporte des financements et une audience économique, l’institut fournit une expertise scientifique. L’extrait montre que la protection de l’océan sort ainsi du « petit monde de la mer » pour toucher un public plus large.
Les entreprises peuvent aussi contribuer à la publicisation des enjeux, notamment lorsqu’elles investissent pour protéger l’environnement. Le document 3 montre qu’en 2023 les entreprises industrielles investissent dans l’économie d’énergie, les énergies renouvelables, la protection de l’air et du climat ou encore la gestion de l’eau. Les montants les plus importants concernent l’économie d’énergie, autour de 665 millions d’euros d’investissements, et les énergies renouvelables, environ 560 millions d’euros. Ces choix signalent que l’environnement devient un enjeu économique, pas seulement militant.
III. La mise à l’agenda dépend de rapports de force et de l’opinion
La transformation d’une question environnementale en problème public n’est pas automatique. Plusieurs enjeux concurrents peuvent dominer l’attention publique. La mise à l’agenda politique dépend donc de la force des mobilisations, du contexte économique, des médias, de l’opinion et des conflits entre acteurs.
Le document 2 montre que l’environnement n’est pas toujours cité comme la question la plus importante pour la France. Sa part varie fortement : 7 % en 2013, seulement 2 % en 2014, 16 % en 2019, puis 9 % en 2024. En 2022, la hausse des prix devient prioritaire pour 38 % des personnes interrogées, contre 10 % pour l’environnement. Cela montre que l’environnement peut être concurrencé par d’autres problèmes publics comme l’inflation, l’emploi, l’immigration ou la sécurité.
Un problème public suppose donc un travail de mise à l’agenda. Les acteurs doivent convaincre que l’enjeu est urgent, collectif et qu’il nécessite une action publique. Cette construction peut provoquer des conflits : certains acteurs demandent une réglementation stricte, d’autres craignent des coûts économiques ; certains privilégient la taxation, d’autres les subventions ou l’innovation verte. Les relations entre acteurs peuvent être coopératives, comme dans le document 4, mais aussi conflictuelles.
Conclusion rédigée
Les questions environnementales deviennent des problèmes publics lorsqu’elles sont rendues visibles par les connaissances scientifiques, relayées dans l’espace public et portées par des acteurs capables de mobiliser l’opinion et les pouvoirs publics. Les experts, ONG, citoyens, entreprises, partis et institutions contribuent à cette construction, parfois en coopération, parfois en conflit. Cependant, la mise à l’agenda n’est jamais acquise : elle dépend du contexte, des priorités concurrentes et des rapports de force. L’environnement devient donc un problème public lorsqu’il est défini collectivement comme un enjeu nécessitant une réponse politique.
Épreuve composée – Corrigé complet
Partie 1 – Mobilisation des connaissances
Sujet : expliquer une difficulté soulevée par les chocs asymétriques dans la zone euro
Un choc asymétrique est un choc économique qui touche certains pays plus fortement que d’autres, ou qui produit des effets différents selon les économies. Dans la zone euro, cette situation pose une difficulté particulière car les pays membres partagent la même monnaie et la même politique monétaire, conduite par la Banque centrale européenne.
Lorsqu’un pays subit une récession spécifique, il ne peut pas dévaluer sa monnaie pour rendre ses exportations moins chères et relancer son activité. Il ne peut pas non plus disposer d’un taux d’intérêt national adapté uniquement à sa situation. La politique monétaire unique doit tenir compte de l’ensemble de la zone euro, alors que les conjonctures nationales peuvent diverger.
Par exemple, si un pays de la zone euro est en crise alors qu’un autre connaît une forte inflation, une baisse des taux d’intérêt aiderait le premier mais risquerait d’aggraver l’inflation du second. La réponse commune peut donc être imparfaite pour chaque pays.
Partie 2 – étude d’un document
1. Comparer l’évolution du vote systématique des 18-29 ans à celle de l’ensemble de la population entre 2012 et 2022
En 2012, 26,8 % des 18-29 ans ont voté systématiquement aux élections nationales. En 2022, ils ne sont plus que 17,3 %. La baisse est donc de 9,5 points de pourcentage.
Pour l’ensemble de la population, le vote systématique passe de 47,8 % en 2012 à 37 % en 2022. La baisse est donc de 10,8 points de pourcentage.
On peut aussi calculer une évolution relative. Pour les 18-29 ans, la baisse est d’environ 35,4 % : 9,5 / 26,8 x 100. Pour l’ensemble de la population, elle est d’environ 22,6 % : 10,8 / 47,8 x 100.
2. Montrer que l’engagement politique dépend de variables sociodémographiques
L’engagement politique désigne les différentes formes de participation à la vie politique : vote, militantisme, adhésion à un parti ou à une association, participation à une manifestation, signature de pétition, boycott, etc. Le document porte sur une forme institutionnelle d’engagement : le voté systématique.
Le document montre d’abord que l’âge influence la participation électorale. En 2022, 17,3 % des 18-29 ans votent systématiquement, contre 37,2 % des 30-64 ans et 47,7 % des 65 ans et plus. Les plus âgés votent donc beaucoup plus régulièrement que les jeunes. Cela peut s’expliquer par une socialisation politique plus ancienne, une plus grande intégration dans le jeu électoral ou un rapport plus stable aux institutions.
Le diplôme constitue aussi une variable sociodémographique importante. En 2022, 28,8 % des personnes sans diplôme votent systématiquement, contre 43,7 % des diplômés de l’enseignement supérieur. L’écart est de 14,9 points. Les individus plus diplômés disposent souvent de ressources politiques plus importantes : meilleure maîtrise de l’information, sentiment de compétence politique plus élevé, familiarité avec les institutions.
Ces variables ne déterminent pas totalement les comportements, mais elles influencent les probabilités de participer. D’autres facteurs peuvent intervenir, comme le genre, le milieu social, la génération, la profession, le lieu de résidence ou la socialisation familiale.
Partie 3 – Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire
Sujet : montrer que la productivité des firmes sous-tend la compétitivité d’un pays
La productivité mesure l’efficacité avec laquelle une entreprise utilise ses facteurs de production. La compétitivité désigne la capacité à faire face à la concurrence, notamment sur les marchés internationaux. Ici, le sujet insiste sur l’aptitude à exporter.
La relation centrale est la suivante : des firmes plus productives peuvent produire à moindre coût, améliorer la qualité, innover et respecter les exigences des clients internationaux. Cela soutient donc les exportations du pays.
Introduction possible
Dans une économie ouverte, la capacité d’un pays à exporter dépend largement des performances de ses entreprises. Or ces performances reposent en partie sur leur productivité, c’est-à-dire leur capacité à produire davantage ou mieux avec une quantité donnée de facteurs de production. On peut donc se demander comment la productivité des firmes soutient la compétitivité d’un pays. Nous montrerons d’abord que les gains de productivité favorisent la compétitivité-prix, puis qu’ils renforcent aussi la compétitivité hors prix.
I. La productivité soutient la compétitivité-prix
Lorsqu’une firme devient plus productive, elle peut produire une quantité plus importante avec les mêmes ressources, ou produire la même quantité avec moins de travail, de capital ou de consommations intermédiaires. Ses coûts unitaires diminuent. Elle peut alors baisser ses prix, augmenter ses marges ou financer de nouveaux investissements.
La compétitivité-prix est essentielle pour exporter, car les clients étrangers comparent les prix des biens produits par différents pays. Si les entreprises d’un pays produisent à moindre coût, elles peuvent proposer des prix attractifs sur les marchés internationaux.
Le document 3 permet de nuancer avec le rapport entre salaires et productivité. En France, entre 2000 et 2022, le salaire moyen par tête passe de l’indice 100 à 121, tandis que la productivité globale des facteurs passe seulement de 100 à 101. Cela peut peser sur la compétitivité-prix si les coûts progressent plus vite que l’efficacité productive. À l’inverse, au Japon, la productivité globale des facteurs atteint l’indice 109 en 2022 alors que le salaire moyen reste à 100, ce qui peut soutenir les coûts unitaires.
II. La productivité soutient aussi la compétitivité hors prix
La compétitivité ne dépend pas seulement des prix. Les firmes exportent aussi parce qu’elles proposent des produits de qualité, innovants, fiables, adaptés aux besoins des clients et livrés dans de bonnes conditions. La productivité peut renforcer cette compétitivité hors prix lorsqu’elle repose sur l’investissement, la technologie, la qualification et l’organisation du travail.
Le document 2 donne un exemple précis. Aequs Aerospace France investit 2 millions d’euros dans une machine d’usinage cinq axes à très haute vitesse. Cette machine doit fonctionner 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le directeur explique que l’investissement répond à un impératif de productivité demandé par le principal client et que, sans cet investissement, l’entreprise perdait le marché. La productivité conditionne donc l’accès aux commandes, notamment dans l’aéronautique, un secteur exposé à la concurrence internationale.
Le même document montre que l’entreprise travaille pour des programmes aéronautiques importants comme l’Airbus A320, l’ATR 72 ou le Falcon 7X. Son chiffre d’affaires est passé de 6,5 à 11 millions d’euros depuis 2022, et l’entreprise vise 15 millions d’euros pour l’exercice 2025-2026. Ces éléments montrent que la productivité permet de gagner des marchés et d’accompagner la croissance de secteurs exportateurs.
III. Les secteurs productifs alimentent les excédents commerciaux
Le document 1 montre que certains secteurs industriels français enregistrent des excédents commerciaux importants. Dans l’industrie aéronautique et spatiale, les exportations s’élèvent à 57,1 milliards d’euros contre 27,7 milliards d’importations, soit un excédent de 29,4 milliards d’euros. Dans la chimie, les parfums et les cosmétiques, les exportations atteignent 75,4 milliards contre 55,4 milliards d’importations, soit un excédent de 20 milliards. Les produits agricoles et agroalimentaires affichent aussi un excédent, plus faible, de 6,5 milliards.
Ces performances à l’exportation ne s’expliquent pas seulement par les prix. Elles reposent aussi sur des savoir-faire, une qualité reconnue, des marques, de l’innovation et des capacités productives. La productivité des firmes est donc un fondement de la compétitivité globale du pays.
Conclusion possible
La productivité des firmes sous-tend la compétitivité d’un pays car elle permet de réduire les coûts unitaires, de proposer des prix plus attractifs et de financer l’innovation. Elle favorise aussi la qualité, la fiabilité et la capacité à répondre aux exigences des clients internationaux. Les documents montrent que les secteurs exportateurs performants reposent sur des entreprises capables d’investir, d’innover et d’accroître leur efficacité productive. Toutefois, la compétitivité dépend aussi d’autres facteurs, comme le taux de change, la qualité des infrastructures, la qualification de la main-d’œuvre et les politiques publiques.
Méthodes et conseils pour réussir ce sujet
Lexique SES du sujet
Les fiches de lexique dédiées seront ajoutées prochainement. En attendant, voici les notions indispensables à maîtriser pour comprendre le corrigé et enrichir la copie.
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FAQ – Corrigé SES Métropole 2026 jour 1
Quel sujet choisir entre dissertation et épreuve composée ?
La dissertation est intéressante si vous maîtrisez bien l’action publique pour l’environnement et la notion de problème public. L’épreuve composée est plus variée, mais elle oblige à mobiliser trois chapitres différents.
Quelle notion centrale fallait-il utiliser dans la dissertation ?
La notion centrale est celle de construction d’un problème public : un enjeu devient public lorsqu’il est rendu visible, porté par des acteurs, débattu et inscrit à l’agenda politique.
Quel calcul fallait-il faire dans l’étude de document ?
Il fallait comparer la baisse du vote systématique : -9,5 points pour les 18-29 ans et -10,8 points pour l’ensemble de la population entre 2012 et 2022. En évolution relative, la baisse est plus forte chez les jeunes.
Quels documents utiliser dans le raisonnement sur la compétitivité ?
Le document 1 donne des excédents commerciaux sectoriels, le document 2 montre un investissement productif dans l’aéronautique et le document 3 permet de relier productivité, salaires et coûts.