Corrigé Mathématiques Métropole 2026 Jour 2 – spécialité bac

Corrigé Mathématiques Métropole 2026 – Jour 2

Sujet de spécialité Mathématiques du mercredi 17 juin 2026 : géométrie dans l’espace, suites et équation différentielle, probabilités, lecture graphique, fonction exponentielle et intégrale.

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Résumé du sujet et attendus

Le sujet propose quatre exercices indépendants. Pour réussir, il faut identifier rapidement la méthode adaptée : produit scalaire et distance à un plan en géométrie, suite arithmético-géométrique et équation différentielle pour la pollution d’un bassin, loi binomiale et inégalité de Bienaymé-Tchebychev, puis exploitation graphique et calcul intégral autour d’une fonction exponentielle.

Ce qu’il fallait reconnaître

  • Un plan de l’espace défini par trois points non alignés.
  • Une suite vérifiant une relation de récurrence affine.
  • Une variable aléatoire suivant une loi binomiale.
  • Une fonction de la forme f(x) = (2x – 1)e-2x+3

Conseil de copie

Le barème valorise les raisonnements. Même lorsqu’un résultat est donné par l’énoncé, il faut montrer la méthode : calcul de vecteurs, substitution dans une équation, utilisation d’une limite ou justification du signe d’une dérivée.

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Le corrigé ci-dessous suit le sujet officiel de spécialité Mathématiques, Métropole Réunion Mayotte, jour 2.

Exercice 1 – Géométrie dans l’espace

On considère A(2 ; 1 ; 1), B(3 ; -2 ; 0), C(0 ; -1 ; 1) et D(0 ; 0 ; 2).

1. Montrer que A, B et C définissent un plan

On calcule deux vecteurs issus de A :

AB = (1 ; -3 ; -1) et AC = (-2 ; -2 ; 0)

Ils ne sont pas colinéaires : par exemple, si AC était un multiple de AB, le troisième coefficient devrait aussi être proportionnel, ce qui est impossible puisque -1 et 0 ne le sont pas. Les points A, B et C ne sont donc pas alignés : ils définissent un plan.

2. Vecteur normal et équation du plan

On vérifie que n = (1 ; -1 ; 4) est orthogonal à AB et à AC :

n · AB = 1 + 3 – 4 = 0 n · AC = -2 + 2 + 0 = 0

Le vecteur n est donc normal au plan (ABC). Une équation du plan est de la forme x – y + 4z + d = 0. En utilisant A(2 ; 1 ; 1) :

2 – 1 + 4 + d = 0, donc d = -5

On obtient bien :

x – y + 4z – 5 = 0

3. Droite orthogonale au plan passant par D

Une droite orthogonale au plan (ABC) a pour vecteur directeur n = (1 ; -1 ; 4). Comme elle passe par D(0 ; 0 ; 2), une représentation paramétrique est :

x = t, y = -t, z = 2 + 4t, avec t réel.

4. Projeté orthogonal de D sur le plan (ABC)

On remplace x, y, z par les expressions de la droite dans l’équation du plan :

t – (-t) + 4(2 + 4t) – 5 = 0 18t + 3 = 0, donc t = -1/6

Le projeté orthogonal est donc :

H(-1/6 ; 1/6 ; 4/3)

5. Aire du triangle ABC

On a :

BA = (-1 ; 3 ; 1), donc BA² = 11 BC = (-3 ; 1 ; 1), donc BC² = 11

Ainsi BA = BC : le triangle ABC est isocèle en B. L’aire demandée vaut :

Aire(ABC) = 3√2

6. Volume du tétraèdre et aire de BCD

La distance de D au plan (ABC) est :

|0 – 0 + 8 – 5| / √(1² + (-1)² + 4²) = 3/√18 = 1/√2

Donc :

V = (1/3) × 3√2 × 1/√2 = 1

On admet que la distance de A au plan (BCD) vaut √2. Alors :

1 = (1/3) × Aire(BCD) × √2 Aire(BCD) = 3/√2 = 3√2/2

7. Point Dk(0 ; 0 ; k)

Les points A, B, C et Dk sont coplanaires si Dk appartient au plan (ABC) :

0 – 0 + 4k – 5 = 0, donc k = 5/4

Dans ce cas, Dk est déjà dans le plan, donc son projeté orthogonal sur (ABC) est lui-même.

Pour que A soit le projeté orthogonal de Dk, il faudrait que le vecteur ADk soit colinéaire à n. Or ADk = (-2 ; -1 ; k – 1), ce qui n’est pas colinéaire à (1 ; -1 ; 4), car les deux premières coordonnées imposeraient deux coefficients différents. Il n’existe donc aucune valeur de k.

Exercice 2 – Pollution d’un bassin

Partie A – Modèle discret

La suite est définie par V0 = 0 et Vn+1 = 0,995Vn + 6.

V1 = 6 V2 = 0,995 × 6 + 6 = 11,97

Programme attendu :

def volume(n):
v = 0
for k in range(n):
v = 0.995*v + 6
return v

Pour montrer que Vn ≤ 1200, on raisonne par récurrence. C’est vrai au rang 0. Si Vn ≤ 1200, alors :

Vn+1 ≤ 0,995 × 1200 + 6 = 1200

De plus, comme Vn ≤ 1200, on a :

Vn+1 – Vn = 6 – 0,005Vn ≥ 0

La suite est donc croissante et majorée par 1200. Elle converge vers une limite L vérifiant :

L = 0,995L + 6, donc L = 1200

Partie B – Modèle continu

L’équation différentielle est y’ = -0,005y + 6. Les solutions sont :

y(t) = Ce-0,005t + 1200

Comme v(0) = 0, on obtient C = -1200, donc :

v(t) = 1200(1 – e-0,005t)

La limite en +∞ vaut 1200. De plus :

v'(t) = 6e-0,005t > 0

La fonction v est donc croissante.

Nettoyage et seuil de 50 litres

5 % du bassin de 30 000 litres représente 1500 litres. Or la limite du modèle est 1200 litres : selon ce modèle, le nettoyage complet lié au seuil de 5 % n’est pas nécessaire.

Pour le seuil de 50 litres :

1200(1 – e-0,005t) > 50 e-0,005t < 23/24 t > 200 ln(24/23)

On trouve environ 8,512 heures, soit environ 8 h 31 min.

Exercice 3 – Probabilités et dénombrement

AffirmationRéponseJustification
1. Si la personne choisie est une femme, la probabilité qu’elle joue de la Pop est 0,832. Vraie P(Pop ∩ F) = 0,52 × 0,32 = 0,1664. Donc P(Pop | F) = 0,1664 / 0,20 = 0,832.
2. Pour X ~ B(5000 ; 0,062), P(X ≤ 340) ≈ 0,4. Fausse L’espérance vaut 310 et l’écart-type environ 17,1. 340 est presque à 1,8 écart-type au-dessus de la moyenne ; la probabilité est proche de 0,96, pas de 0,4.
3. Avec Bienaymé-Tchebychev, il y a plus de 95 % de chance que X soit strictement compris entre 230 et 390. Vraie Var(X) = 5000 × 0,062 × 0,938 = 290,78. Donc P(|X – 310| < 80) ≥ 1 – 290,78/80² ≈ 0,9546.
4. On peut former 120 équipes différentes. Vraie Une équipe contient 2 musiciens parmi 4 et 3 non-musiciens parmi 6 : C(4,2) × C(6,3) = 6 × 20 = 120.
À retenir : une affirmation de probabilité ne se juge pas “à l’intuition”. On identifie la loi, on calcule les paramètres, puis on compare avec la valeur annoncée.

Exercice 4 – Fonction exponentielle, logo et intégrale

Partie A – Lecture graphique

La tangente au point C d’abscisse 1 est horizontale, donc :

f'(1) = 0

La courbe coupe l’axe des abscisses en x = 1/2, donc la solution de f(x) = 0 sur [0 ; 3] est :

x = 1/2

La tangente en A(1/2 ; 0) passe par B(1 ; e²), donc :

f'(1/2) = (e² – 0) / (1 – 1/2) = 2e²

Les primitives de f sont les courbes C1 et C2 : elles décroissent quand f est négative, puis croissent quand f est positive, avec un minimum au voisinage de x = 1/2.

Partie B – Étude de f

La fonction est :

f(x) = (2x – 1)e-2x+3

On peut écrire :

f(x) = e² × (2x – 1) / e2x-1

Comme e2x-1 domine 2x – 1 quand x tend vers +∞, on obtient :

lim f(x) = 0

La dérivée est :

f'(x) = (-4x + 4)e-2x+3 = 4(1 – x)e-2x+3

Comme l’exponentielle est toujours positive, le signe de f'(x) est celui de 1 – x. La fonction f est croissante sur [0 ; 1], puis décroissante sur [1 ; +∞[.

x01+∞
f-e³e0

Valeur de α

La hauteur totale du logo vaut 0,3 cm. Par symétrie par rapport à l’axe des abscisses, la courbe du haut doit donc avoir une ordonnée 0,15. La contrainte se traduit par :

f(α) = 0,15

Sur [1 ; +∞[, f est continue et strictement décroissante, avec f(1) = e > 0,15 et lim f = 0 < 0,15. Il existe donc une unique valeur de α. Une valeur approchée est :

α ≈ 3,3

Partie C – Aire et volume du porte-clé

On admet, après intégration par parties sur [0,5 ; 3,3], que :

I = ∫0,53,3 f(x) dx ≈ 3,6

L’aire du logo comprend la partie supérieure et son symétrique :

Aire du logo ≈ 2 × 3,6 = 7,2 cm²

L’épaisseur de la plaque est 0,2 cm, donc :

Volume ≈ 7,2 × 0,2 = 1,44 cm³

Arrondi au dixième :

Volume ≈ 1,4 cm³

Lexique des notions utiles

Vecteur normal

Vecteur orthogonal à tous les vecteurs directeurs d’un plan. Il permet d’écrire une équation cartésienne du plan.

Projeté orthogonal

Point d’un plan situé au pied de la perpendiculaire issue d’un point extérieur au plan.

Suite arithmético-géométrique

Suite définie par une relation du type un+1 = aun + b.

Équation différentielle

Équation qui relie une fonction inconnue à sa dérivée. Ici, elle modélise l’évolution continue d’un volume.

Loi binomiale

Loi du nombre de succès dans une répétition indépendante de n expériences de même probabilité p.

Primitive

Une fonction F est une primitive de f lorsque F’ = f. Le signe de f donne donc le sens de variation de F.