Corrigé SES Antilles 2026 – Jour 2
Ce corrigé SES Antilles 2026 traite les deux possibilités du sujet : la dissertation sur l’explication du chômage et l’épreuve composée sur l’intégration européenne, le niveau de vie selon l’âge et l’engagement politique.
En résumé : corrigé SES Antilles 2026 jour 2
Le sujet demande au candidat de choisir entre une dissertation et une épreuve composée. La dissertation porte sur la question : « Comment peut-on expliquer le chômage ? ». L’épreuve composée comporte trois parties : une mobilisation de connaissances sur l’intégration européenne, une étude de document sur le niveau de vie selon l’âge, puis un raisonnement sur les variables sociodémographiques de l’engagement politique.
Le jour de l’épreuve, il ne faut traiter qu’un seul des deux sujets proposés. Cette page corrige les deux afin de permettre une révision complète.
Analyse du sujet : ce qui était attendu
Le corrigé SES Antilles 2026 doit montrer une maîtrise du programme et une capacité à utiliser les documents sans les recopier. Pour la dissertation, le piège consiste à faire un catalogue de causes du chômage sans problématique. Il faut organiser les explications : certaines sont liées à la conjoncture, d’autres à la structure du marché du travail.
Pour l’épreuve composée, les attentes sont différentes. La première partie demande une réponse courte mais structurée. La deuxième partie impose un calcul simple et une mobilisation de connaissances. La troisième partie exige un raisonnement complet avec introduction, développement et conclusion.
Le vocabulaire doit être précis : chômage conjoncturel, chômage structurel, problèmes d’appariement, marché unique, zone euro, espace social, engagement politique, variables sociodémographiques, catégorie socioprofessionnelle.
Dissertation corrigée : comment peut-on expliquer le chômage ?
Problématique possible
Comment expliquer que le chômage puisse à la fois varier avec la conjoncture économique et persister durablement en raison de mécanismes structurels propres au marché du travail ?
Plan détaillé attendu
| Partie | Idée centrale | Documents et connaissances à mobiliser |
|---|---|---|
| I | Le chômage dépend des fluctuations de l’activité économique. | Document 3 : lien entre évolution du PIB et taux de chômage ; chômage conjoncturel, demande globale, emploi. |
| II | Le chômage s’explique aussi par des difficultés d’appariement et d’information. | Document 1 : formation, expérience, compétences, éloignement géographique ; chômage structurel, inadéquations, asymétries d’information. |
| III | Les institutions du marché du travail peuvent influencer le chômage. | Document 2 : protection de l’emploi et taux de chômage ; salaire minimum, protection de l’emploi, rigidités, mais aussi protection des salariés. |
Introduction rédigée
Le chômage constitue un enjeu économique et social majeur, car il prive les individus d’un revenu d’activité, peut fragiliser leur intégration sociale et traduit une sous-utilisation de la main-d’œuvre disponible. Il ne suffit pourtant pas d’affirmer qu’il y a du chômage parce qu’il n’y aurait pas assez d’emplois : le chômage peut résulter d’un ralentissement de l’activité économique, mais aussi de difficultés plus durables d’adaptation entre les emplois proposés et les caractéristiques des personnes qui cherchent un emploi. On peut donc se demander comment expliquer que le chômage varie selon la conjoncture tout en persistant dans certaines économies. Nous verrons d’abord qu’il peut être lié aux fluctuations de l’activité économique, puis qu’il s’explique aussi par des mécanismes structurels d’appariement et d’information, avant de montrer que les institutions du marché du travail jouent également un rôle.
I. Le chômage peut être conjoncturel
Une première explication du chômage renvoie aux fluctuations de l’activité économique. Lorsque la demande adressée aux entreprises diminue ou progresse trop faiblement, les entreprises produisent moins ou anticipent une activité insuffisante. Elles réduisent alors leurs embauches, ne remplacent pas certains départs, voire licencient. Le chômage augmente donc lorsque la croissance économique ralentit ou devient négative.
Le document 3 permet d’illustrer cette relation. Il montre l’évolution du taux de chômage et celle du PIB en volume en France entre 1975 et 2024. Les périodes de faible croissance ou de récession s’accompagnent souvent d’une dégradation de l’emploi. Par exemple, après les récessions ou les forts ralentissements de l’activité, le taux de chômage reste élevé ou augmente. En 2024, le document indique un taux de chômage de 7,4 % et une croissance du PIB en volume de 1,2 %, ce qui rappelle que la croissance peut être positive sans être suffisamment forte pour faire disparaître le chômage.
On parle alors de chômage conjoncturel. Il dépend de la situation macroéconomique : consommation des ménages, investissement des entreprises, exportations, confiance, politique économique. Si la demande globale est insuffisante, les entreprises n’ont pas intérêt à embaucher davantage, même si des personnes sont disponibles pour travailler.
II. Le chômage peut être structurel : appariements et asymétries d’information
Le chômage ne s’explique pas seulement par la conjoncture. Il peut aussi exister alors même que des entreprises cherchent à recruter. Dans ce cas, le problème tient à l’appariement entre l’offre et la demande de travail : les compétences, les qualifications, l’expérience, la localisation ou les attentes des candidats ne correspondent pas toujours aux besoins des employeurs.
Le document 1 est très utile ici. Parmi les établissements ayant déclaré des difficultés de recrutement et confrontés à des candidatures inadéquates, 64,8 % évoquent le manque d’expérience professionnelle, 54,2 % l’insuffisance de formation ou de diplôme, 51,8 % le manque de compétences techniques et 31,6 % l’éloignement géographique des candidats. Ces données montrent que certains postes peuvent rester vacants alors que des actifs sont au chômage. Il ne s’agit donc pas seulement d’un manque global d’emplois, mais aussi d’une inadéquation entre les emplois disponibles et les profils des candidats.
Les asymétries d’information peuvent aussi expliquer le chômage. L’employeur ne connaît pas parfaitement la productivité, la motivation ou la fiabilité des candidats. Il peut alors hésiter à embaucher, sélectionner plus fortement ou proposer un salaire d’efficience afin de motiver les salariés et réduire le turnover. Ce salaire supérieur au salaire d’équilibre peut toutefois réduire le nombre d’emplois offerts et contribuer à un chômage structurel.
III. Les institutions du marché du travail peuvent également jouer un rôle
Les institutions du marché du travail, comme le salaire minimum, les règles de protection de l’emploi, les conventions collectives ou l’assurance chômage, peuvent influencer le niveau du chômage. Elles encadrent les décisions d’embauche, de licenciement et de recherche d’emploi.
Le document 2 compare l’indicateur de protection de l’emploi et le taux de chômage en 2019. L’Italie présente un indicateur de protection de 2,86 et un taux de chômage de 10,0 %, tandis que les États-Unis ont un indicateur de 1,31 et un taux de chômage de 3,7 %. La France, avec un indicateur de 2,68, a un taux de chômage de 8,5 %. Ces données suggèrent qu’une protection élevée peut parfois freiner les embauches si les entreprises anticipent des coûts élevés en cas de licenciement. Elles peuvent alors être plus prudentes, notamment pour les CDI.
Il faut cependant nuancer. Une corrélation internationale ne suffit pas à prouver une causalité mécanique. Les institutions peuvent aussi sécuriser les salariés, soutenir la consommation, favoriser la formation et limiter la précarité. L’enjeu n’est donc pas d’opposer protection et emploi de manière simpliste, mais de comprendre que les règles du marché du travail modifient les incitations des entreprises et des travailleurs.
Conclusion rédigée
Le chômage s’explique par une combinaison de facteurs. Il peut d’abord être conjoncturel lorsque l’activité économique ralentit et que les entreprises réduisent leurs besoins de main-d’œuvre. Mais il peut aussi être structurel lorsque les qualifications, l’expérience ou la localisation des demandeurs d’emploi ne correspondent pas aux emplois proposés, ou lorsque des asymétries d’information compliquent les embauches. Enfin, les institutions du marché du travail influencent les comportements des entreprises et des salariés. Une bonne copie doit donc montrer que le chômage est un phénomène multicausal : il ne dépend ni d’une cause unique, ni seulement de la volonté individuelle des demandeurs d’emploi.
Épreuve composée corrigée
L’épreuve composée comporte trois parties. Le candidat doit répondre à chaque consigne de manière adaptée : réponse organisée pour la mobilisation des connaissances, calcul et interprétation pour l’étude de document, raisonnement structuré pour la troisième partie.
Première partie : l’intégration européenne
Question : présenter les grandes caractéristiques de l’intégration européenne
L’intégration européenne désigne un processus de rapprochement économique et institutionnel entre les pays européens. Elle repose notamment sur deux grandes caractéristiques : le marché unique et la zone euro.
Le marché unique correspond à un espace économique dans lequel circulent librement les biens, les services, les capitaux et les personnes. Cette libre circulation est rendue possible par la suppression de nombreux obstacles aux échanges, mais aussi par l’harmonisation de certaines règles. Le marché unique permet aux entreprises d’accéder à un marché plus vaste, de réaliser des économies d’échelle et de renforcer la concurrence. Il peut ainsi soutenir la croissance, mais il impose aussi aux entreprises de s’adapter à une concurrence plus forte.
La zone euro constitue une autre étape de l’intégration européenne. Les pays qui en font partie partagent une monnaie unique, l’euro, et une politique monétaire unique conduite par la Banque centrale européenne. La monnaie unique supprime les coûts de conversion et les risques de change entre pays membres, ce qui facilite les échanges et les investissements. Cependant, la zone euro crée aussi des contraintes : la politique monétaire est commune, alors que les politiques budgétaires restent principalement nationales et encadrées par les traités européens. Cela peut poser des difficultés en cas de choc asymétrique, c’est-à-dire lorsqu’un pays est davantage touché qu’un autre par une crise.
Deuxième partie : étude d’un document
Question 1 : comparer le niveau de vie moyen des 18-29 ans et des 50-64 ans
Le document indique que le niveau de vie moyen annuel des 18-29 ans est de 25 870 euros, tandis que celui des 50-64 ans est de 31 820 euros.
On calcule l’écart :
Les 50-64 ans ont donc un niveau de vie moyen supérieur de 5 950 euros à celui des 18-29 ans. On peut aussi calculer l’écart relatif par rapport aux 18-29 ans :
Question 2 : quatre facteurs de hiérarchisation et de structuration de l’espace social
L’espace social est structuré et hiérarchisé par plusieurs facteurs qui différencient les individus selon leurs ressources, leurs positions et leurs conditions de vie.
Premier facteur : le revenu ou le niveau de vie. Le document montre que les niveaux de vie diffèrent selon l’âge : les 50-64 ans ont en moyenne 31 820 euros par an, contre 25 870 euros pour les 18-29 ans. Le revenu hiérarchise donc l’espace social car il conditionne l’accès au logement, aux loisirs, à la santé ou à l’épargne.
Deuxième facteur : l’âge et la position dans le cycle de vie. Les revenus ne sont pas les mêmes au début de la vie active, au milieu de carrière ou à la retraite. Les 50-64 ans disposent souvent d’une ancienneté professionnelle plus forte, tandis que les 18-29 ans sont plus souvent en début de carrière ou encore en formation.
Troisième facteur : le diplôme. Le niveau de diplôme influence l’accès à l’emploi, la stabilité professionnelle, le salaire et les perspectives de carrière. Les diplômés du supérieur occupent plus souvent des emplois qualifiés et mieux rémunérés.
Quatrième facteur : la catégorie socioprofessionnelle. Les cadres, professions intermédiaires, employés et ouvriers n’occupent pas les mêmes positions dans la hiérarchie sociale. Ils se distinguent par le niveau de salaire, l’autonomie dans le travail, la sécurité de l’emploi, le prestige social et les conditions de travail.
Troisième partie : raisonnement sur l’engagement politique
Sujet : montrer que l’engagement politique dépend de variables sociodémographiques
L’engagement politique désigne les différentes formes de participation des individus à la vie politique : vote, militantisme, engagement associatif, participation syndicale, manifestations, pétitions ou consommation engagée. Il ne dépend pas seulement des opinions individuelles : il varie aussi selon des variables sociodémographiques comme l’âge, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle ou le diplôme. On peut donc montrer que ces caractéristiques influencent à la fois l’intensité et les formes de l’engagement politique.
I. L’âge et la génération influencent la participation politique
Le document 1 montre que le comportement électoral varie fortement selon l’âge. En 2022, seulement 17,3 % des 18-29 ans ont voté systématiquement, contre 37,2 % des 30-64 ans et 47,7 % des 65 ans ou plus. À l’inverse, l’abstention systématique concerne 23,7 % des 18-29 ans, contre 12,7 % des 30-64 ans.
Ces écarts s’expliquent notamment par la socialisation politique, le rapport aux institutions, l’insertion professionnelle et la stabilité résidentielle. Les plus âgés sont souvent davantage inscrits dans des routines électorales et accordent plus d’importance au vote comme devoir civique. Les plus jeunes peuvent privilégier d’autres formes d’engagement, plus ponctuelles ou plus numériques.
II. Le sexe influence les formes d’engagement
Le document 2 montre que les formes d’engagement politique varient aussi selon le sexe. En 2019, 49 % des jeunes femmes déclarent avoir signé une pétition ou défendu une cause par internet, contre 40 % des jeunes hommes. En revanche, les jeunes hommes sont davantage présents dans certaines formes d’intervention dans l’espace public : 43 % déclarent un engagement bénévole contre 31 % des femmes, 7 % une adhésion à un parti politique contre 3 %, et 22 % une participation à des manifestations, grèves ou occupations de lieux contre 12 %.
Ces différences peuvent s’expliquer par des socialisations de genre, par des rapports différents à l’espace public et par des contraintes sociales inégalement réparties. Il ne faut pas en conclure que les femmes seraient moins engagées : les formes d’engagement ne sont simplement pas toujours les mêmes.
III. La catégorie socioprofessionnelle, le secteur et les ressources sociales influencent l’engagement
Le document 3 montre que la syndicalisation varie selon la catégorie socioprofessionnelle et le secteur d’activité. En 2019, 20,8 % des cadres de la fonction publique sont syndiqués, contre 7,9 % des cadres du secteur privé. Pour l’ensemble des salariés, le taux de syndicalisation est de 18,4 % dans la fonction publique contre 7,8 % dans le secteur privé. Le secteur d’emploi influence donc fortement la probabilité d’adhérer à un syndicat.
La catégorie socioprofessionnelle joue également un rôle, car elle renvoie à des positions différentes dans le monde du travail. Les salariés ne disposent pas tous des mêmes ressources économiques, culturelles et relationnelles. Le diplôme peut aussi favoriser l’engagement politique en donnant davantage de compétences pour comprendre les enjeux publics, maîtriser les codes de la participation et se sentir légitime pour intervenir dans le débat.
Conclusion du raisonnement
L’engagement politique dépend bien de variables sociodémographiques. L’âge influence fortement la participation électorale ; le sexe oriente certaines formes d’engagement ; la catégorie socioprofessionnelle, le diplôme et le secteur d’activité modifient les ressources disponibles et les opportunités d’action. Toutefois, ces variables n’agissent pas de manière mécanique : elles rendent certains comportements plus probables, sans déterminer totalement les choix individuels.
Méthode : comment gagner des points sur ce sujet
Erreurs fréquentes à éviter
1. Confondre « expliquer le chômage » et « lutter contre le chômage »
La dissertation ne demandait pas directement de présenter les politiques de l’emploi. Il était possible de les évoquer en ouverture ou en nuance, mais le cœur du sujet était l’explication des causes du chômage.
2. Faire une réponse morale sur les chômeurs
Le document 1 mentionne le manque de motivation dans les difficultés de recrutement, mais une copie de SES doit analyser des mécanismes économiques et sociaux, pas porter un jugement moral sur les individus.
3. Oublier que l’engagement politique prend plusieurs formes
Dans la partie 3, il ne fallait pas réduire l’engagement politique au vote. Le programme inclut aussi le militantisme, l’engagement associatif, la consommation engagée, la syndicalisation et les mobilisations collectives.
Notions du programme mobilisées
| Partie | Notions | Attendus |
|---|---|---|
| Dissertation | Chômage conjoncturel, chômage structurel, appariements, asymétries d’information, institutions. | Montrer que le chômage est multicausal et mobiliser les trois documents. |
| EC 1 | Intégration européenne, marché unique, zone euro, BCE, politiques économiques. | Présenter clairement les caractéristiques principales et les limites. |
| EC 2 | Espace social, niveau de vie, âge, diplôme, PCS, revenu. | Faire un calcul simple et mobiliser quatre facteurs de structuration. |
| EC 3 | Engagement politique, vote, militantisme, syndicalisation, variables sociodémographiques. | Montrer l’effet de l’âge, du sexe, de la PCS, du diplôme et du secteur. |
Télécharger le sujet officiel de SES
Le PDF officiel du sujet SES Antilles-Guyane 2026 jour 2 est accessible ci-dessous. Le corrigé détaillé est intégré directement dans cette page.
| Document | Accès |
|---|---|
| SES Antilles-Guyane 2026 – Jour 2 | SUJET PDF |
| Corrigé complet | CORRIGÉ DANS LA PAGE |
Compléter ses révisions en SES
Pour progresser, il faut refaire le sujet en temps limité, puis comparer sa copie avec le corrigé. La priorité est de savoir transformer les documents en arguments : une donnée statistique doit toujours être interprétée et reliée à une notion du programme.
FAQ – Corrigé SES Antilles 2026 jour 2
Faut-il traiter la dissertation et l’épreuve composée au bac ?
Non. Le candidat choisit l’un des deux sujets. Cette page corrige les deux pour permettre une révision plus complète.
Quelle problématique choisir pour la dissertation sur le chômage ?
Une bonne problématique peut être : comment expliquer que le chômage varie selon la conjoncture tout en persistant en raison de mécanismes structurels du marché du travail ?
Quel calcul fallait-il faire dans l’étude de document ?
Il fallait comparer 31 820 euros et 25 870 euros. L’écart est de 5 950 euros, soit environ 23 % de plus pour les 50-64 ans par rapport aux 18-29 ans.
Quels facteurs de structuration sociale pouvait-on citer ?
On pouvait citer le revenu, l’âge, le diplôme, la catégorie socioprofessionnelle, le sexe, le lieu de résidence ou encore la composition du ménage.
Quelles variables sociodémographiques expliquent l’engagement politique ?
Le sujet invite à mobiliser l’âge, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle, le diplôme, la génération et le secteur d’activité, en montrant qu’ils influencent les formes et l’intensité de l’engagement.